Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • MELODIE MONTESINOS, PHOTOGRAPHE DE 22 ANS expose sa « vision hyper » chez CLIK GALLERY, après deux sessions ART UP

    Le regard photographique -voire radiographique !-de la  grenoblois Mélodie Montesinos transperce le réel architecturé. Il dessine SA ligne urbaine « plasticisée ».

    L’artiste –jeune étudiante- a été repérée notamment par la galeriste  locale Suzanne Porter avec qui elle  expose depuis deux années consécutives au Salon d’art contemporain  Art Up et chez Clik Gallery actuellement. Une entrée puissante sur le marché de l’art!

    IMG_2685.JPGRue Gambetta, je  découvre avec l’auteur sa série colorisée dite 'Le TREMPLIN' autour de la structure sportive, vieux totem solitaire des JO 1968  planté  à Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère) 

    Mélodie a  mis en exergue  cette construction absolument  hétérotopique au sens premier d’un lieu utopique réel comme  reliquat  de "béton  pour l'humain" (ici le ski des jeux d'hiver) rouille et  grafittis au coeur du végétal.

    Quel hasard: Mélodie choisit  le Tremplin construit en 1967. La même année  Michel Foucault produit le concept dans  sa conférence  "Des espaces autres " Il y définit les hétérotopies" comme une localisation physique de l'utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l'imaginaire, comme une cabane d'enfant ou un théâtre. Ils sont utilisés aussi pour la mise à l'écart, comme le sont les maisons de retraite, les asiles ..." 

     La démarche de Mélodie en quête du  Tremplin ne tient  pas de l'Urbex.et ses documents d'exploration. La photographe plasticienne "travaille" ses clichés au corps. Elle remodèle, déforme les lignes, colorise. Elle expose les photos au feu thermique de ses jaunes, bleus, verts, roses psychédéliques. Elle sature les couleurs, déforme le réel. Formes rendues sur plexiglas ce qui accroît la profondeur. Pour mieux s'en rendre Maître !.

    A l'opposé de la Straight Photography : ici la liberté absolue du créateur. Oui total  maître de son univers qui plie le réel d'une architecture monumentale et patrimoniale à ses choix esthétiques.. 

    En polarisant sa vision, l'artiste transfigure le réel. Médiatrice du regardé qui semble dire: " par mes yeux observez sous un autre aspect cette structure béton inutile, oubliée". Elle la ré-anime. La sort de l'oubli et de sa marginalité, de son enveloppement végétal qui reprend sa place..

    Son acte de création : une étrange distorsion anatomique des formes architecturales (par définition rigides!) qui rend MIEUX visible. Qui scanne l'hyper réel.

    A ce stade de la présentation artistique surgit une information importante: Mélodie est mal voyante. La Galerie Porter le note ouvertement non par pour un storytelling mal venu type "la photographe qui voit mal! Et ainsi la catégoriser, la ranger dans le tiroir du handicap...

    Mais pour confirmer que  "Mélodie voit le monde autrement, au sens le plus littéral. Sa malvoyance n’est pas une limite à sa photographie : elle en est le point de départ. Son travail remet en question l’idée même de ce que signifie voir, révélant que la vue et la vision ne se confondent pas. À travers ses images, elle nous invite à expérimenter la photographie au-delà du regard."(Art UP site)

    Totalement exact. Mélodie exprime son réel photographié augmenté. Elle redonne vie, rehabilite le monument qui parce qu'il est atypique n'est plus considéré. Une démarche lourde de sens. 

    La mutation urbaine, l'architecture oubliée,  négligée, mal cicatrisée est sublimée par la photographe plasticienne. Ainsi rendue à son essence essentielle..

    Longue carrière à toi, Mélodie. Cela démarre...fort.

                                                                   Sylvie Neidinger