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Populismes: dont -nouveauté-le populisme...médical!

Le fond de l'air du temps a effectivement changé de couleur. 

Visuel, attesté, lors de l'élection des leaders classés tels, des plus petits pays aux plus grands "populistes". De  la Ligue de Salvini,  à l'actuel président américain, brésilien, philippin...

Montée en Europe avec ses leaders élus. Montée au niveau mondial.

En Suisse, France comme ailleurs,  les petits villages votent parfois  à 20 voire 40% (parfois plus) pour ces tendances.

Dans le même temps, on constate combien le XXIème siècle détricote ce que le XXème avait institué: la  gestion juridique globalisée du monde. La création des règles internationales pour que les guerres mondiales ne se reproduisent plus. Au XXème de  nombreux pays se dégagent des tutelles coloniales. Le droit international régit le monde.

Le XXIème siècle voit un retour avec le flou juridique,  la réoccupation néocoloniale directe ou indirecte par interventions guerrières, pression sur les ressources, (Irak , Libye, Syrie...) Moyen-orient riche en gaz et pétrole très impacté. Entre autres.

 

                         POPULISME: FONCTIONNEMENT DU NOUS/VOUS

Le populisme tient de cette tendance globale qui consiste à refuser la règle juridique. "Ce que je/nous pense/ons doit tenir pour règle" " ce que je/nous  pense/ons doit être". Nous étant le groupe qui pense comme moi.

La caricature des règles molles est extrême avec Donald Trump. Car ce leader populiste pense 5 minutes après le contraire de ce qu'il pensait 5 minutes avant. 

C'est un monde "hors la loi" au sens premier du terme. Or la règle juridique  existe toujours de fait

Dès lors, les populistes ont beau jeu de se victimiser si leurs desiderata ne sont pas pris en compte. Ils prennent la foule à témoin. Et attaquent férocement en se disant victimes.

La foule en 2020 est facile à joindre par la numérisation qui touche chacun autour de la planète (média , mobiles, réseaux sociaux...)

Observation, dans ces discours le Nous s'oppose presque systématiquement au VOUS.

 

                                    POPULISME MEDICAL

Le populisme est allé jusqu'à se nicher là où on ne l'attendait strictement pas: au coeur du débat scientifique.  Avec la crise covid est effectivement  né le populisme médical, à Marseille autour du Pr.Raoult. Adoubé, il est vrai par un grand populiste, le président twitteur Trump, qui conseille d'avaler de l'eau de javel pour se laver du virus. Pour se purifier presque.....

Le  promoteur de la fameuse- et devenue vedette hydroxy-  prit à témoin la population de ses algarades pseudo-scientifiques. Le débat a ainsi rejoint des rivalités nauséabondes de OM contre PSG,Marseille/Paris. 

Marseille étant en l'espèce tous les Marseille de France du moindre bar et petit village. Voire au delà.. 

Le médecin coche toutes les cases de la définition du populisme. Il se pose en victime et attaque sec.  Le mécanisme fonctionne à plein. Lors de son audition à l'Assemblée, il a nommément désigné. Sale période brune.

Martin Hirsch, le DG de l'HPHP (Paris...)  attaqué sec par le trublion  vient de répondre par un livre où il redéfinit cet état de ..l'impensé politique.

En venant présenter son ouvrage, réflexion sur la crise intitulé  "L'énigme du nénuphar" (Stock) à la radio Le gestionnaire de l'hôpital parisien rappelle les lignes du populisme.

Le directeur de l’AP-HP a également fait le point sur les discours de certains professionnels de santé à l’antenne, y compris le Pr Raoult. “Mes blessures individuelles, tout le monde s’en tape et je cherche pas à savoir si je suis blessé ou en colère. En revanche, on a chacun des responsabilités dans les discours qu’on fait passer”, a poursuivi Martin Hirsch. "Je pense que nous avons intérêt à tirer des enseignements, mesurer le fait qu’une parole au micro sur les jeunes, les masques, l'hydroxychloroquine a un impact majeur. Ces paroles contribuent à l’évolution de l’épidémie."

Et d'enchaîner, sans le nommer, sur le Pr Raoult : “Il utilise les vieilles ficelles complotistes. 'Tous vendus sauf moi', la pensée par identification, etc. En période de crise, on a envie d’un bouc émissaire, de solutions faciles”. “Jusqu’à présent, la science était une sorte de rationalité. Quand elle devient elle-même irrationnelle et utilise les recettes du populisme - faire semblant de se différencier, faire croire à des recettes miracles - c’est quelque chose de nouveau. On a vu des dérives individuelles, des prix Nobel dire qu’ils pouvaient soigner le pape avec de la papaye quand ils avaient Parkinson. On a jamais vu, comme ce printemps, une pénétration aussi forte sur les comportements de l’attitude de certains scientifiques”, a-t-il encore lâché.(egora.fr)

Par extraordinaire, l'inventeur du  populisme médical  n'hésite pas à faire appel aux Tribunaux ( encore une occasion de médiatisation)

Le Dr Raoult a effectivement porté plainte contre Martin Hirsch ! Lequel répond par un ouvrage de perspective plus large de la crise.

Les processus de bouc-émissaire mis en oeuvre par les populismes sentent décidément  un vent mauvais.

                                                      Sylvie Neidinger

#covid,martin #hirsch,bouc-missaire,processus de bouc-émissairisation,#raoult,#populisme,populisme médical

Note: 

Le terme de POPULISME PENAL commence à être cité en été 2020

https://www.europe1.fr/societe/plaintes-sur-la-gestion-du-coronavirus-pas-un-populisme-penal-mais-une-recherche-de-verite-3979438

https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/amende-forfaitaire-pour-usage-de-stupefiants-du-populisme-penal-pour-le-syndicat-de-la-magistrature_4091181.html

Source du terme :

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-populisme-penal

"Didier Fassin, dans son livre d’anthropologie du châtiment, publié au Seuil sous le titre Punir, une passion contemporaine, reprend l’expression de « populisme pénal ». Lequel est d’autant plus profitable qu’il permet de maquiller ses échecs en matière de progrès social. Car dans une époque d’accroissement des inégalités économiques et de montée de l’insécurité sociale (R. Castel) la désignation de boucs-émissaires et la focalisation sur l’immigration illégale et la petite délinquance servent, entre autres, à éluder la question sociale et la demande de justice.

 

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