L'auteur Olivier Marchon indique que la France est le seule puissance étrangère à posséder des lieux Saints en ...Terre Sainte.
Quatre territoires :Sainte Anne de Jerusalem, Eglise de l'Eléona du Pater Noster sur le Mont des Oliviers, là où Jésus apprit le Notre Père à ses disciples, le Monastère d'Abou Gosh , le Tombeau des Rois.
Domaines administrés par le Consulat de France mais régis par la loi israélienne.
Or le Consulat fait dire des dizaines de messes par an !
La lecture de l'ouvrage déjà signalé en rubrique LIRE intitulé "le Mont blanc n'est pas en France" présente un éclairage très précis et intéressant sur le Proche-Orient avec son chapitre dédié aux Terres Saintes de la République (page 59).
"SEIGNEUR SAUVE LA REPUBLIQUE !"
"Au cours de ces cérémonies, les ecclésiastiques présentent évangiles et eau bénite au consul de France avant de l'encenser. Elles s'achèvent par la très officielle Prière pour la République Domine salvam fac rem republicam, Seigneur, sauve la République !"
"A dire vrai (p 60) la présence de la France en Palestine ne date pas d'hier" rappelle l'auteur.
Ce pays a en effet un pied au Levant depuis un demi-millénaire. Un statut dénommé "Capitulations de l'Empire Ottoman" soit une renégociation de Traités à une époque où elle partageait un ennemi commun avec les Turcs: l'Autriche.
Elle se voulait protectrice mais devint propriétaire.
Abu Gosh , Saint Anne: cadeaux du sultan. L'Eléona reconstruite et donnée à son pays par Héloise de la Tour d'Auvergne. Les banquiers parisiens, les frères Pereire offrant eux à la République le très vénéré Tombeau des Rois.
La présence hexagonale sera justement à son apogée en cette fin du XIXème siècle.
Mais ce statut privilégiés, les honneurs rendus par les religieux, les fastes locaux agacent d'autres puissances chrétiennes d'Europe : Russie, Italie, Grande-Bretagne.
Les lois de 1905 anticléricales vont mettre à mal sa position privilégiée en Terre Sainte car les chrétiens locaux ne les verront plus d'un bon oeil.
Lors de la Grande Guerre, les ottomans, dans le camp ennemi expulsent les français de Jérusalem
Dès 1917 les britanniques s'emparent de la Palestine.
"En résumé, les territoires français de Jérusalem sont la trace de 400 ans de protectorat religieux que la France a exercé au Levant. Les messes consulaires qui y sont organisées ne sont que l'écho nostagique d'une époque où la France catholique était considérée comme puissance dominante au Proche-Orient.
Cette survivance de liens honorifiques entre république et religion perdure par ailleurs: le Président est toujours chanoine de Saint-Jean-de--Latran à Rome, proto-chanoine de la cathédrale d'Embrun, de Saint-Germain-des-Prés, le concordat alsacien....Seuls les spécialistes du droit constitutionnel y retrouvent leurs petits avec cette fille aînée de l'église bien compliquée dans sa tête !!
Une chose est certaine, les dirigeants politiques français, les actuels comme les précédents ont toujours une tendance à se croire encore au XIXème siècle, période de la splendeur de la tout puissance de la France au Levant. Dépassée.
Sylvie Neidinger
photo: capture d'écran site du Consulat à Jérusalem
RUBRIQUE PROCHE-ORIENT SERIE SURYA