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Politis Sémiologie Décryptage - Page 7

  • Tirage au sort: Macron dirige la France par hasard... Jupiter prend ses auspices !

    Les jeux du hasard dignes de la Française des jeux prennent le pouvoir!

    Alors que le débat sur la vaccination fait rage, le président de la République impose un gadget sorti de son imagination: le tirage au sort de 35 citoyens qui vont statuer sur sa gestion des vaccins. 

    Les "tirés au sort" pourront "interpeler" les responsables en charge de la vaccination  Olivier Véran, Alain Fisher. Du coup ces derniers ne se précipiteront pas pour venir rendre des comptes devant la représentation nationale, ce que la démocratie leur impose de faire CQDF.

    Ce dernier  jouet de com' agit  donc comme un véritable  déni de démocratie populiste qui fonctionne comme un contre-feu. Il a pour mission de s'imposer médiatiquement en parallèle à la représentation nationale: l'Assemblée de députés ELUS et le Sénat, ELU par les ELUS.

    Il a pour vocation d'occuper le champ médiatique en parallèle aux Commissions d'enquête.

    Cette xième atteinte à la démocratie tombe la même semaine où l'on apprend en catimini que trois décrets entament encore plus  les libertés individuelles. Décrets validés par le Conseil d'Etat : il suffira d'émettre une opinion syndicale, politique, d'avoir une maladie  pour être fiché! 

    Les possibilités de fichage de la police discrètement élargies par trois décrets (franceinter.fr) 

    Le Conseil d'État valide l'élargissement des fichiers de renseignement (lefigaro.fr)

    Le Journal du Dimanche, relaie la "bonne parole",  donne les explications sur le choix de 35 individus par  tirage au sort:

    https://www.lejdd.fr/Societe/suivi-de-la-campagne-vaccinale-le-tirage-au-sort-du-collectif-citoyen-voulu-par-macron-commence-lundi-4015908

    Ce loto-circus médiatique agace, hyper mal ressenti par la population, objet de moqueries. 

    Macron entend être réelu, il met tout en oeuvre,  plus soucieux de   communication que de  gouvernance, plus soucieux de l'image produite que de l'action initiale.

      La ficelle est grosse.

    La démocratie française, ancienne, mature est profondément ancrée dans les esprits, la population: pas dupe d'un artifice supplémentaire de communication.

    Emmanuel Macron avait commencé son quinquennat en se comparant SANS RIRE, très sérieusement à Jupiter le dieu des dieux, maître des cieux et de ce qui bouge sur terre. En toute modestie. A vrai dire: un comparatif borderline car sérieusement ...mégalomane.

    https://www.franceculture.fr/politique/president-jupiterien-comment-macron-compte-regner-sur-lolympe

    Du coup quand on s'instaure Jupiter chef du ciel, le meilleur, le plus grand, celui qui décide de tout, tout seul, qui écrase et foudroie,  il semble logique de convoquer les auspices:(France Culture) "Théoriquement, les humains peuvent observer les signes qu'envoie Jupiter, ce qu'on appelle "prendre les auspices" ; ça se faisait à un moment par le vol des oiseaux, mais tout ça se fait de façon muette. C’est le consul qui prend ces signes, qui décide, parfois même automatiquement si c’est bon ou mauvais. Mais si un impie manipule carrément les signes de Jupiter pour faire de mauvaises actions, il peut prendre un coup de foudre, ou être victime d'une belle défaite militaire"

    Observer à la romaine  le vol des oiseaux pour comprendre la situation politique de la France de 2021 ou tirer au sort 35 citoyens pour  analyser la politique macroniste autour des vaccins , c'est juste une présidence qui se moque des électeurs.

    Personne ne rit.

                                                                 Sylvie Neidinger

                                 

  • Covid+ c'est pas positif !

    Les hôpitaux font face à la deuxième vague.

    Ils trient verbalement  leurs patients entre les covid+ et les covid-.

    Nouvelle dichotomie.

    Avec la pandémie coronavirus, l'univers est désormais divisé en deux: les malades covid+ et ceux qui ne le sont pas au temps T:  les covid- .

    Paradoxalement le positif est ici un négatif. C'est une inversion totale de sémantique.

    Ce n'est effectivement pas une bonne nouvelle, en l'espèce d'être testé covid+ !

    Décidemment cette pandémie est plus ou moins inédite. 

                                                                        Sylvie Neidinger

  • Ensauvagement du vocabulaire politique officiel

    "Kamasutra de l'ensauvagement de la presse" de Emmanuel Macron. Suite des... positions sur cette question.

    Les sauvageons, l'ensauvagement...Ce vocabulaire connoté extrême-droite  est apparu en politique dans la bouche de ministres de l'Intérieur  de gauche qui  désignèrent ainsi des catégories de population. Notamment celle des "jeunes multirécidivistes":

    -JP Chevènement (qui affirmait sans rire l'employer sans surenchère ni démagogie!) 1999

    -B Cazeneuve (qui l'a bien prononcé mais le regrette ) le 10 10 2016 

    -G Darmanin et M Schiappa  (le macronisme étant aussi -en même temps !- une émanation de la gauche strauss-khanienne)

    Le film d'anticipation Orange Mécanique (1971) avait décrit une nouvelle  violence sociale gratuite par une catégorie de population: les jeunes. Un demi-siècle plus tard, les comportements violents, asociaux inacceptables sont réalité: refus d'une cigarette et l'individu est tué, pieds sur les banquettes alors que certains passagers restent debout...

                                             PAS QUE LA JEUNESSE

    Mais...pas de la jeunesse seulement! Dès lors jeunesse bouc-émissairisée.

    Et surtout, la désignation faite par ces ministres d'une catégorie sociale liée en plus au "séparatisme" (encore un vocabulaire  macroniste récent)  ne résout rien car elle s'apparente à de la communication, communication d'extrême-droite de surcroît.

    Pourquoi désigner ainsi une catégorie dans des sociétés modernes très complexes aux causes multiples? Où tout est analysable.

    Sauvage? Cette étymologie liée à la forêt  est inacceptable dans la bouche d'un dirigeant car ramenant l'humain à l'animal. Ce qui ne fait avancer en rien la compréhension. Du racisme pur.

    Les zoos humains avaient enfermé dans une même cage un homme et un singe. Et sur ce point la récente "sortie" médiatique hyper confuse intellectuellement    de N Sarkozy fut ...lunaire en comparant singes et "nègres". Miasme.

                       LA PRESENTIELLE 2022 EN LIGNE DE MIRE? 

    Ensauvagement version Gérald Darmanin  signifierait un humain de facto  "civilisé" qui retournerait  à sa condition animale. Est réputé sauvage celui qui est déchu de son statut de citoyen car bestial.

    Dès lors la chasse symbolique à "l'animal anciennement  humain" serait-elle ouverte? Permis de tuer en prime dans l'imaginaire ?

    Les inductions implicites issues de la formulation vont bien loin....

    On ne dirige pas un pays en s'appuyant sur de tels raisonnements ni artifices de com populistes qui ne résolvent en rien la violence sociale, présente et non acceptable elle non plus.

    Le philosophe Guillaume von der Weid signale  que la société qui désigne ainsi serait  elle-même ...malade

    Il semble que la présidentielle 2022 française s'ouvre autour de miasmes idéologiques. 

    C'est bien par cette sauvagerie vocabulariale (kamasutra, ensauvagement...) que Emmanuel Macron et certains ministres (évidemment briffés car rien ne lui échappe)   inaugurent la séquence électorale. Cela promet!

    De nombreux députés macronistes n'ont toutefois pas suivi la dérive vocabulariale ultra sécuritaire.

                                                            Sylvie Neidinger

     

     Ensauvagement version Macron. Sémiologie:

    1-Ensauvagement : terme inacceptable dans la bouche de responsables politiques

    2-Kamasutra ensauvagé d'Emmanuel Macron contre la presse

    3-Avant " l'ensauvagement", le mythe du bon sauvage

    4- Le "sauvage" a-t-il une âme? La controverse de Valladolid

    5-Les zoos humains pour exhiber les "sauvages" jusqu'en 1930 - Le Blog de Sylvie Neidinger (blogspirit.com)

    6- Ensauvagement du vocabulaire politique officie

  • Les zoos humains pour exhiber les "sauvages" jusqu'en 1930

    "Kamasutra de l'ensauvagement de la presse" de Emmanuel Macron. Suite des positions sur cette question: ici les zoos humains pour présenter ceux que l'on nommait "sauvages".

    Humains réduits à l'état de bêtes curieuses.  Etres humains exhibés dans les jardins d'acclimatation. Expos coloniales pour  justifier la hiérarchisation des races, les bienfaits du pouvoir "civilisateur".

    Illustration du racisme ordinaire: 35 000 exhibés, 1,5 milliards de visiteurs en tout, en France, Allemagne, Suisse, Angleterre...Phynéas Taylor Barnum et la manipulation de l'histoire aux USA.

    On vient voir des "sauvages en chair et en os" venant de contrées lointaines.

    Du pur cinéma avant l'heure: il leur est même demandé de jouer aux cannibales ! Pendant que sur le terrain les peuples sont souvent éliminés. (Fuégiens de Patagonie, dernier survivant disparu en 1960. Peuple décimé de maladies pulmonaires, Vénus Hottentote exhibée comme un monstre, aborigènes...) 

    Ils sont présentés comme étrangers,  anormaux...sauvages par des entrepreneurs de spectacle certes. Par les empires coloniaux, les Etats eux-mêmes dans le cadre d'expos universelles! Un modèle "racialogique" pour exposer la force supposée  bienfaitrice du modèle colonial.

    France. Guyane. Saint Laurent du Maroni. La jeune Moliko , amérindienne kalina, exposée au jardin d'acclimatation. Peuples "ensauvagés", humiliés, objets d'études pseudo scientifiques à caractère racialiste ! Elle rentrera chez elle en Guyane, traumatisée du calvaire des exhibés.

    Passage du racisme scientifique de différenciations humaines au racisme populaire au contact direct d'individus dits primitifs, le pygmée représentant le modèle parfait  de la sauvagerie absolue par sa petite taille.

    Aux USA,  dans la culture du spectacle américaine mais aussi à l'expo de Saint-Louis  où Ota Benga du Congo est exposé dans une cage avec un singe carrément ! L'homme se suicidera.

    On ne peut que signaler l'excellent documentaire sur Arte.

    https://www.arte.tv/fr/videos/067797-000-A/sauvages-au-coeur-des-zoos-humains/

    (ARTE)  :Pendant plus d'un siècle, les grandes puissances colonisatrices ont exhibé comme des bêtes sauvages des êtres humains arrachés à leur terre natale. Retracée dans ce passionnant documentaire, cette "pratique" a servi bien des intérêts.

    Ils se nomment Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga, Marius Kaloïe et Jean Thiam. Fuégienne de Patagonie, Aborigène d’Australie, Kali’na de Guyane, Pygmée du Congo, Kanak de Nouvelle-Calédonie, ces six-là, comme 35 000 autres entre 1810 et 1940, ont été arrachés à leur terre lointaine pour répondre à la curiosité d'un public en mal d'exotisme, dans les grandes métropoles occidentales. Présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, exhibés dans de véritables zoos humains, ils ont été source de distraction pour plus d'un milliard et demi d'Européens et d'Américains, venus les découvrir en famille au cirque ou dans des villages indigènes reconstitués, lors des grandes expositions universelles et coloniales. Racisme populaire
    S'appuyant sur de riches archives (photos, films, journaux…) ainsi que sur le témoignage inédit des descendants de plusieurs de ces exhibés involontaires, Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet restituent le phénomène des exhibitions ethnographiques dans leur contexte historique, de l’émergence à l'essor des grands empires coloniaux. Ponctué d'éclairages de spécialistes et d'universitaires, parmi lesquels l'anthropologue Gilles Boëtsch (CNRS, Dakar) et les historiens Benjamin Stora, Sandrine Lemaire et Fanny Robles, leur passionnant récit permet d'appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du "sauvage". Et comment, succédant au racisme scientifique dominant/dominé. Expo coloniale d eMarseile en des débuts, a pu s'instituer un racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde.

    https://www.laliberte.ch/dossiers/histoire-vivante/articles/le-succes-suisse-des-villages-negres-434722

    https://www.letemps.ch/opinions/suisse-exhibait-sauvages-geneve

    https://www.nouvelobs.com/monde/afrique/20181128.OBS6158/pendant-150-ans-des-hommes-ont-exhibe-d-autres-hommes-dans-des-zoos.html

    https://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/BANCEL/1944

    Le statut de "sauvage" se présentait évidemment par opposition celui de "civilisé." L'un mettant en valeur l'autre. Expo coloniale de Marseille en 1922 par exemple.

    Les populations coloniales seront finalement considérées comme "civilisables" quand les besoins se font sentir de troupes coloniales  combattantes pour la première guerre mondiale...

    Joséphine Baker, en 1925, libre, intelligente, adulée et détestée va se jouer de l'image du sauvage avec sa ceinture de banane. Son spectacle "exotique" à Paris fait exploser le mythe colonial de l'intérieur par cette artiste majeure.

    Expo coloniale de Vincennes (1931) 33 millions de tickets vendus. Le "Sauvage" étant entre temps devenu "brave" indigène.

    Marius Kolaïe, kanak, sera dans les années 30 parmi les derniers piégés du cirque zoologique. Un retour au XIXème siècle avec  sa troupe -brutalisée. La troupe kanak se révolte, elle aussi piégée. Des hommes ordinaires kanaks, de la vie ordinaire, douaniers et autres ayant accepté ce voyage en Europe qui a viré au cauchemar pour eux. L'exhibition n'est plus acceptée. Ligues de droits de l'homme, partis politiques: la mise en scène heurte désormais. Les kanaks sont rapatriés. Marius Kolaïe reste et se marie avec une française. Magnifique symbole d'une page qui se tourne.

    La fin des zoos humains marque le début des guerres de décolonisation. L'image du sauvage ne passe plus effectivement  par les exhibitions.  Mais elle perdure ! Commence l'ère du cinéma et ses représentation des "sauvages" (ô King Kong!).

    Au milieu des année 1990, chercheurs et historiens ouvrent les archives coloniales. Les artistes s'emparent du sujet . Ayana V. Jackson par exemple revisite les clichés anthropologiques du XIXème siècle.

    Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie ! Claude Levi Strauss.(Race et histoire 1961) 

                                                                            Sylvie Neidinger

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     Ensauvagement version Macron. Sémiologie:

    1-Ensauvagement : terme inacceptable dans la bouche de responsables politiques

    2-Kamasutra ensauvagé d'Emmanuel Macron contre la presse

    3-Avant " l'ensauvagement", le mythe du bon sauvage

    4- Le "sauvage" a-t-il une âme? La controverse de Valladolid

    5-Les zoos humains pour exhiber les "sauvages" jusqu'en 1930 - Le Blog de Sylvie Neidinger (blogspirit.com)

    6- Ensauvagement du vocabulaire politique officie

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  • Avant "l'ensauvagement": le mythe du "bon sauvage"

    Ici, une position supplémentaire...d'analyse du " Kamasutra de l'ensauvagement de la presse " honni par Emmanuel Macron.

    Soit un angle d'analyse autour d'un vocabulaire qui n'aurait jamais du se trouver dans la bouche d'un responsable gouvernemental.

    Décryptage.  Pour comprendre le terme "ensauvagement "(= humain revenu à l'état sauvage) il faut commencer par:

    1) savoir d'où vient cette notion de sauvage appliquée à l'humain.

    2) dès lors revisiter le mythe du "bon sauvage". Puis comprendre  comment passe-t-on du mythe du  bon sauvage de  Dame nature au "sauvage humain de zoo" de la période colonialiste.  

    Enfin dans la bouche d'un ministre de l'Intérieur en "ré-ensauvagement." 

    Sauvage est étymologiquement liée à la forêt (silva) Via l'ancien français salvage, du latin silvaticus (« de forêt, forestier »), devenu  salvatǐcus en bas latin. Soit à la  base un animal vivant dans la forêt. Appliqué à l'homme lors des premières confrontations: rencontre avec des individus même pas toujours habillés et rapidement qualifiés de sauvages ou primitifs..

    Extraits d'une excellente synthèse canadienne autour du terme "sauvage".(Canada, bien placé pour en parler avec ses populations autochtones en contact ) : 

    Les expéditions de la Renaissance mettent les européens en  contact avec d'autres "mondes" donnant un descriptif positif d'un état "naturel" contre la "culture", avec au passager le mythe positif de paradis perdu, ou celui de l'âge d'or. Une image qu'ils construisent par les récits de voyage.

    Amerigo Vespucchi (1454-1512) sur les Indien dans sa célèbre lettre intitulée Mundus novus (1503) : Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous.  Ils vivent sans roi ni gouverneur, et chacun est à lui-même son propre maître.  Ils ont autant d’épouses qu’il leur plaît […].  Ils n’ont ni temples, ni religion, et ne sont pas des idolâtres.  Que puis-je dire de plus?  Ils vivent selon la nature. 

    "Montaigne en 1580 cite  cette vie brutale et sauvage « qui est propre aux hommes primitifs » (Montaigne, Essais, éd. Villey-Saulnier, II, XII, 478)"..

    Après les écrivains de la Renaissance et leur tradition humaniste qui découvrent, ceux des Lumières valorisent d'autant le "bon sauvage" qu'ils critiquent la colonisation ethnocentrique, les changements sociétaux autour du progrès. 

    Toutefois ces auteurs n'ont jamais été en contact réel avec ces peuples et affabulent, se représentent leur vie supposée "pure",  libres, sensuels, polygames,  presque "communistes"...

    Mythe du bon sauvage:"Ce type de récit, qui présente des forces et des personnages symboliques, servira aussi à mieux raconter la vie des hommes et à mieux rêver d’un ailleurs pour fuir l’écrasante réalité.   Au XVIIIe siècle, par la fiction du « bon sauvage », des philosophes tels que Diderot, Voltaire et Rousseau chercheront non seulement à critiquer la colonisation ethnocentrique des Européens en Amérique, mais aussi les idées de progrès et de raison au cœur même de l’idéologie des Lumières.

     Inspirés par les nombreux récits de voyages de Vespucci, Colomb, Magellan, et Gama des 16e et 17e siècles, ceux-ci, désireux de poursuivre la tradition humaniste de la Renaissance, interrogeront à travers elle de nouveaux modèles d’hommes et de sociétés.  En comparant leur monde à celui des indigènes tahitiens, brésiliens, voire canadiens, ils feront le procès de l’Europe qui, se croyant supérieure et indépassable, se donne pour mission de civiliser le Nouveau Monde.   Ce Nouveau Monde, que l’on aime dépeindre comme pur, vierge et bienheureux, sera bien sûr une représentation déformée, imaginée et amplifiée de la réalité : en effet, la vaste majorité des philosophes et littéraires n’a jamais même foulé la terre natale des « sauvages »!  Le mythe, synonyme dans ce cas d’invention et d’affabulation, reprend donc ici tout son sens.

    Libres, sensuels, polygames, communistes et bons, voilà les traits communs, mais combien caricaturaux, des habitants de ce « meilleur des mondes ».   *

    Étrangement, les penseurs du XVIIIe siècle se garderont longtemps de vouloir vérifier l’exactitude de ce genre de témoignage, car, on le sait, le « bon sauvage » ainsi présenté sert mieux à réfléchir sur l’homme, sa nature, ses facultés ainsi que sur sa société.  Sans nul doute,  Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est reconnu pour celui qui a le plus participé à ce mythe par la défense des idées suivantes qui traversent l’essentiel de son oeuvre:

    • « La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable. »
    •  l’homme, foncièrement nostalgique, a toujours eu besoin de retrouver son passé: le mythe du bon sauvage lui propose l’image rassurante d’un primitif heureux qui vit du fond des âges en parfaite harmonie avec la nature.  Ainsi, ces séduisantes fantasmagories lui permettront d’échapper au réel en voyageant dans des pays imaginaires exotiques et bienheureux.   Offrant d’autres manières de penser et de vivre, cette utopie chère aux philosophes défend la recherche du bonheur individuel et collectif tout en affirmant déjà les valeurs qui seront proposées quelques années plus tard par la devise même de la Révolution française : «Liberté, égalité et fraternité ».   Si elle annonce en quelque sorte le monde rêvé de demain, elle maintient aussi d’anciennes croyances judéo-chrétiennes associées au péché originel : l’homme, rappelle La Bible, aurait connu le paradis, mais l’aurait perdu après avoir croqué la pomme, symbolisant le la connaissance.   
    • La chute, associée au mal, se trouve du coup au cœur même du « mythe du bon sauvage » : en effet, l’Européen « perverti », par sa culture énorme et sa quête incessante de savoirs — on n’a qu’à penser à l’entreprise de L’Encyclopédie —, mais aussi par son goût du luxe, aurait donc signé sa propre perte.   Insatisfaits de cette vision primitiviste, les penseurs des Lumières cesseront d’apprécier le mythe du bon sauvage pour revenir à l’idée de progrès lorsqu’ils feront la découverte et l’observation d’enfants sauvages tels que Victor de l’Aveyron .Ceux-ci firent comprendre définitivement que l’homme, privé de la compagnie des siens, ressemble d’avantage à un animal qu’à l’idéal décrit par les colonisateurs, les missionnaires et les littéraires.   Il va sans dire que les voyages et les écrits de nombreux ethnologues  de la fin du siècle contribueront aussi à briser cette représentation idyllique.    Bref, on aura compris que rien ne pouvait éclipser le Progrès et la Raison, emblèmes tout-puissants de la lutte philosophique de cette période historique éblouissante.

    A suivre, d'autres positions du "Kamasutra de l'ensauvagement" gouvernemental: la Controverse de Valladolid. Question: les Indiens ont-ils une âme ?

    Puis les zoos humains coloniaux... 

                                                              Sylvie Neidinger

     

     Ensauvagement version Macron. Sémiologie:

    1-Ensauvagement : terme inacceptable dans la bouche de responsables politiques

    2-Kamasutra ensauvagé d'Emmanuel Macron contre la presse

    3-Avant " l'ensauvagement", le mythe du bon sauvage

    4- Le "sauvage" a-t-il une âme? La controverse de Valladolid

    5-Les zoos humains pour exhiber les "sauvages" jusqu'en 1930 - Le Blog de Sylvie Neidinger (blogspirit.com)

    6- Ensauvagement du vocabulaire politique officie