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onu - Page 2

  • Droits de l'homme: les intouchables

    La session d'automne du Conseil des droits de l'homme est en cours à Genève.

    Cette institution pose problème.

    La justice internationale est basée sur le Droit, normalement.

    Or un listing "politique " fait échapper de  cette justice plusieurs pays dits "intouchables".

    On lit sur la Tribune le 9/9/2015 "les clivages persistent entre le Nord et le Sud. La liste des «intouchables» est toujours aussi longue, du Pakistan à l'Arabie Saoudite..."

    http://www.tdg.ch/news/standard/clivages-persistent-conseil-droits-homme/story/18924150

    http://www.tdg.ch/monde/proche-orient/israel-interdit-venue-enqueteur-lonu/story/19594230

    Un peu comme le Tribunal de La Haye qui ne coince que des leaders... africains en indélicatesse, au grand dam de ces pays qui protestent contre cette focalisation.

    Pourquoi un tel et pas l'autre?

    Celui qui est l'ami des occidentaux, qui mènent la danse mondiale actuellement, peut donc aisément échapper ?

    De facto, toute la démarche de l'action de la Commission des droits de l'homme,  politisée à la base-bien qu'elle s'en défende- perd son sens, sa logique interne.

    Comment désigner le Droit en étant soit même bancal ou à géométrie variable?

    Le risque de cette attitude : devenir plus " droit de l'hommiste" (position politique) que "justicier juriste neutre".

    Pas étonnant que de graves clivages type nord/sud affectent frontalement cet organisme onusien. C'est un problème carrément structurel.

                                                                                        Sylvie Neidinger

     

    Décapitation et crucifixion !

    La concomitance actuelle de la nomination de l'Arabie Saoudite à la tête d'une instance du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU à Genève et la volonté dudit pays de décapiter un xième citoyen,  fait réagir.

    Citoyens en colère ....le système onusien perdure mais...100% .décrédibilisé.

    http://info.arte.tv/fr/larabie-saoudite-ce-pays-qui-decapite-les-droits-de-lhomme

     http://www.lexpress.fr/actualite/arabie-saoudite-onu-le-triomphe-moderne-du-simulacre-remplace-la-realite-elle-meme-par-la-simulation-du-reel_1718256.html*

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150923.OBS6391/comment-l-arabie-saoudite-instrumentalise-les-droits-de-l-homme.html

    Les Anonymous réagissent !

    http://www.directmatin.fr/monde/2015-09-28/condamnation-la-crucifixion-anonymous-attaque-larabie-saoudite-712039

     

     

                                           

     

  • ONU contre les jihadistes: ENFIN ! Et pourquoi ce RETARD?

    Vendredi 15 août l'ONU ENFIN adopte des mesures contre les jihadistes !


    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140816.AFP3927/irak-l-onu-adopte-des-mesures-contre-les-jihadistes.html

    "La résolution du Conseil de sécurité, adoptée peu après que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki a accepté de céder le pouvoir, réclame le désarmement et la dissolution immédiats de l'Etat islamique (EI) ainsi que du Front al-Nosra en Syrie, et des autres formations liées à al-Qaïda.

    Il s'agit de la mesure la plus concrète et la plus étendue prise à ce jour par le Conseil face à l'avancée de l'EI. Le texte est placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer mais n'autorise pas pour l'instant d'opération militaire".


    Savoir enfin quels hommes d'affaires, quels Etats (alliés) les financent en sous-main à qui ils vendent le pétrole par eux détourné, qui leur vend leurs uniformes tout neuf...

    Ces mouvements islamistes datant de 2003 montent  en puissance depuis  trois ans en Syrie et en Irak  sans que personne n'ait levé le petit doigt. Ils furent aidés même....

    Au minimum l'OTAN et ses alliés islamistes de la région ont laissé faire voire installé pour une raison évidente: ces groupes combattaient l'Etat syrien laïc et pro-russe que eux-mêmes veulent voir disparaitre pour des  raisons géostratégiques est-ouest + gaz+pétrole.cf de l'article des Echos cité ici :

    "La prise de conscience internationale du danger représenté par l’EI, soutenu jadis par les monarchies du Golfe, s’est traduite par l’adoption à l’unanimité, vendredi soir, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui préconise le désarmement et la dissolution de l’EI."


    "Jadis" c'est à dire il y a 3 jours...

    Les services secrets occidentaux depuis 2011 fournissent directement leur assistance et  matériels à l'opposition syrienne dite rebelle et indirectement à  tout le spectre de ses composantes. Le militaire Arhour de la composante rebelle parlait de califat, ce, dès le départ.

    Tous les moyens de communication et du renseignement mondiaux sont concentrés dans la zone. Dire que les Occidentaux (et donc l'ONU ...) ne savaient pas ce que font les jihadistes sur place  est une ineptie.


    Depuis 2011, les Services savent  quels jeunes partent faire le jihad. Les trajets sont connus. Ils passent basiquement par la Turquie généralement.

    Une internationale intégriste, violente, ne comprenant rien aux rapports interconfessionnels locaux ancestraux s'est abattue sur la région. Jusqu'à ce que cela en soit devenu gênant pour les opinion publiques. Très tardivement en France-2014- M Valls a nommé "terroristes" ces individus que la Syrie nommait terroristes depuis l'origine .

    Et depuis ...cette semaine l'Occident semble "médiatiquement" découvrir les exactions ignobles.

    Ce dont les proche-orientaux  sur place de toutes confessions ne doutaient  pas une seconde. Aucun doute sur l'issue  du scénario tragique qui allait se jouer.... Et qui se déroule désormais.

    Ce blog a depuis son origine évoqué ce problème de l'intégrisme qui s'abat sur le Proche-orient marqué sous les faux-nez d'un très artificiel "printemps" très très religieux. Avec l'impression pendant de longs mois durant d'écrire dans le désert.

    Remarque: c'est juste quand les jihadistes coupeurs de têtes s'approchent du pétrole du Kurdistan irakien que l'ONU et l'OTAN réagissent !

    Jusqu'à ce mois d'août 2014  les peuples irakien et syrien de ce Proche-orient à feu et à sang, des  chrétiens (à Maaloula par exemple) des yazidis,des  chiites, sunnites (ceux non intégristes ex cette semaine 700 membres de la tribu al Chaitat) eux aussi victimes (ex des "tribunaux" d'Alep qui exécutent pour le moindre prétexte)  et autres communautés ..tombaient, exécutés sans que cela n'émeuve personne.

    Le président français vient hier à l'occasion de la parade navale de Toulon de parader devant les médias pour dire combien il fait pour les chrétiens orientaux.

    Oui...depuis 3 jours.

    OUI, réellement depuis le début cette ...2ème semaine d'août 2014 !Aider d'ailleurs ... en livrant des armes à une zone en guerre, livraisons que la Suède ne s'autorise pas.

    Un peu fort de café tout de même cette récupération politique après une longue période fort peu claire quand aux aides données localement ou par les Etats "amis".

    Rappel: les évènements syriens ont démarré en 2011 par ces slogans de l'opposition " chrétiens à Beyrouth, alaouites au cimetière" La dimension de guerre religieuse était dans les prémices d'une déportation et d'un appel au meurtre de masse de communautés bien identifiées.

    Cet appel est exactement celui exécuté en Irak cette semaine avec un exode/tuerie ici avecdes Yazidis kurdes à l'antique religion et des Assyro-chaldéens.

    Aujourd'hui toutes les communautés de Syrie et d'Irak  doivent être aidées à se débarrasser de cette monstruosité.

    Surtout pas en évacuant les seuls chrétiens du Proche-orient ce qui, au passage, finaliserait les objectifs des jihadistes. Et pourrait laisser supposer que ces objectifs-entre autres objectifs-  d'élimination des chrétiens de leurs terres originelles d'Irak et de Syrie sont bien partagés par les puissances occidentales officieusement..

    Il vaut mieux tard que jamais...Enfin savoir, par l'ONU, avec quel argent et à qui sont achetées les armes, les uniformes  des jihadistes, quels Etats les aident en sous main est une bonne chose !

                                                                            Sylvie Neidinger


    Lu dans  le Novelliste, média  suisse : le jihadiste qui participe à un massacre à Homs parle allemand ! http://www.lenouvelliste.ch/fr/nosdossiers/conflit-en-syrie/articles/quelque-270-personnes-massacrees-a-homs-par-des-jihadistes-2756-1322518

    Dans d'autres videos ,on écoute du hollandais, du français, de l'anglais ( australien) avec la récente video scandaleuse de l'enfant qui porte une tête coupée

    ...et autres langues dont le tchétchène.



    .

  • Twitter réagit par le rire à B. Netanyahou mal informé sur le... jeans iranien !

    Pas de jeans en Iran selon B Netanyahou ? Résultat: un buzz de la blogosphère.

    Comment une prise de parole publique, médiatique du premier ministre israélien (mais  mal informé car son assertion se  base sur des préjugés très réducteurs) .

    Donc comment une parole rapide, simpliste  mène à une réaction humoristique  en retour sur Twitter et Facebook :

    http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/08/revolte-en-jeans-contre-netanyahou

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/iran-netanyahu-rhabille-pour-l-hiver-par-les-tweetos-pour-ses-propos-sur-le-jean_1288648.html

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/10/07/97001-20131007FILWWW00680-iran-des-jeans-contre-netanyahou.php

    http://www.lesoir.be/334878/article/actualite/monde/2013-10-07/iran-manifestation-des-jeans-se-moque-netanyahou

    http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201310/07/01-4697334-des-jeans-iraniens-pour-netanyahou.php

    Multiple  autres dizaines articles...

    Il est étonnant -voire un peu  orgueilleux- effectivement en terme d'intérêt, pour un homme politique de premier plan, d'aller faire des commentaires sur les tenues vestimentaires de populations. La sienne ou ici, celle des autres. En se trompant en plus !netanyahou,iran,twitter,geo-stratégie du rire,blogosphère,facebook,onu,assemblée générale,jeans,mode

    C'est un peu :"de quoi je me mêle?"

    Cette vision à gros sabots   s'ajoute, en plus, à l'affaire du schéma  qui avait déjà  écorné l'image du responsable israélien  à New-York en septembre 2012 avec son dessin là encore simpliste présenté   à  l'Assemblée générale de l'ONU, cette tribune de la représentation mondiale.

    Image comme sortie d'une Bd pour moins de 8 ans, un peu Bibi Fricotin bricoleur.

    Ce croquis pour école maternelle avait vivement fait réagir les membres de l'Assemblée pris un peu pour des.... idiots ce jour là.netanyahou,iran,twitter,jeans,mode

    http://www.bfmtv.com/international/dessiner-une-bombe-iranienne-nest-pas-un-metier-facile-345958.html

    Les politiciens internationaux, responsables de premier plan n'avaient pas tweeté, eux,  en retour.

    Silence gêné plutôt, dans ces assemblées de politiciens professionnels.

      En revanche, les dommages collatéraux sont directement visibles l'année qui suit: B Netanyahou vient de tenir son discours le 1er octobre  2013 à la Tribune de l'Assemblée Générale devant une salle..très  clairsemée.

    "L'assistance clairsemée présente dans l'hémicycle a montré éloquemment que, pour la plupart des Etats membres de l'ONU, la tonalité belliciste – sans surprise – du discours de M. Nétanyahou n'était pas, pour cette année au moins, pertinent" (le Monde)

    GEO-STRATEGIE DU RIRE DE LA BLOGOSPHERE

    Vue l'éminence de sa position politique,  M. Netanyahou  pose surtout problème  par ce genre de sortie  médiatique mal informée...à ses services secrets.

    L'attitude du responsable  montre surtout qu' il y a du pain sur la planche au Proche-orient pour une meilleure inter-connaissance. L'ignorance de l'Autre est abyssale. Inquiétante. 

    Visiblement, elle n'empêche pas  de prendre  la parole. Quitte à  se ridiculiser car en 2013, la monnaie de la pièce arrive immédiatement en boomerang d'humour par voie de  la ....géo-stratégie du rire de la blogosphère.

    Ceci dit,  il n'est pas si banal en ce moment, de rire au Proche-Orient, en dangereuse surchauffe...

                                                                                                             Sylvie Neidinger

     

     

     

     

  • Syndrome de "Suez": pragmatisme intelligent de Obama, amateurisme français

    Syrie-On peut nommer syndrome "suez" cette propension d'un Etat à s'autoriser à intervenir  dans un confit externe. Puis à se faire taper sur les doigts par "plus fort" que lui.

    Dans l'affaire Suez réelle, deux anciennes puissances coloniales: la France et l'Angleterre, accompagnées d'Israel étaient intervenues unilatéralement autour du Canal de Suez. Pour ensuite s'en retirer immédiatement  lorsque "Plus grand" c'est à dire USA et URSS l'avaient demandé.

    Le même syndrome de Suez était lisible dans le projet d'attaque franco-américaine punitive programmée le 31 août 2013 dernier de la Syrie. Hors de tout mandat de l'ONU et en très grande solitude.

     "Plus grand" est intervenu,comme dans l'épisode Suez initial.

    Le respect du droit international a prévalu."Plus grand" a été cette fois l'ONU, la Russie+Chine+GB (son Parlement) l'opinion publique internationale largement défavorable aux attaques (énorme pression) + ... Barack Obama lui même donc les Etats-Unis.

                           LES USA EN SORTENT PARADOXALEMENT GRANDIS

    Le Président US a eu l'intelligence pragmatique d'une immense volte-face, comprenant que les conditions du succès n'étaient pas réunies. Il a refusé d'ouvrir seul en Syrie   une porte destructive  dont il ne savait pas ce qui se trouvait derrière. Il a refusé une position de lonesone cowboy même avec la France, partenaire non cité, quantité négligeable pour l'Amérique. Il s'en sort "par le haut" Même si son intention profonde restait l'option martiale.

    Obama a tout gagné sur cette gestion ponctuelle. Puisque qu'il est revenu dans la cour des décideurs écoutés, au lieu de faire entrer l'Amérique dans une problématique type Suez où une fois les bombes punitives lâchées par la première puissance militaire mondiale, des comptes politiques, juridiques, allaient être demandés par des supra- instances internationales, par  l'opinion externe, interne, avec  un service après vente probablement pénible à justifier. Surtout après le grave échec complet  de la politique Us en Irak.

    Les USA et la Russie se sont donc réunis à Genève pour discuter de l'élimination des armes chimiques syriennes aboutissant  une résolution onusienne votée dans la foulée. Premier consensus depuis longtemps.

    Certes la résolution non contraignante est favorable à la vision Russe et modère les éventuelles velléités impérialistes US.

    L'erreur magistrale de départ des occidentaux dans l'affaire syrienne est d'avoir négligé à quel point ce pays  est lié stratégiquement  à la Russie (à la Chine, etc.) Dans l'euphorie des mal nommés Printemps Arabes, les occidentaux  très sûrs d'eux, aveuglés par leur propre désir de prédation  géo-stratégique  ont prononcé un "dégage" aux dirigeants syriens alors que le pays vit dans la sphère russe. Pour mieux visualiser, c'est comme si Russes et Chinois avaient intimé aux dirigeants d'Israël de dégager alors que cet Etat est évidemment  intrinsèquement lié aux USA.

    Ce qui est inimaginable dans un cas l'était tout autant  dans l'autre! Les Russes ont des bases maritimes dont Tartous, forment les militaires depuis des dizaines d'années. Ce "dégage", avec cette méthode là, était surréaliste. Il a duré 2 ans et demi. Les Russes n'ont jamais cédé.

    Barack Obama vient d' entériner par sa volte-face la complexité du conflit.

    Un certain impérialisme américain a  certes perdu de son arrogance dans ce renoncement.

    Mais  un certain réalisme américain a prévalu, démontrant une Amérique qui reprend sa place négociatrice en chef, capable de s'ouvrir à d'autres arguments que ses désirs belliqueux.

    Le Président Obama a bien joué d'autant que les informations d'aujourd'hui 1er octobre  sur la paralysie des financements fédéraux bloqués par les républicains auraient gravement entaché la gestion du dossier syrien. En effet comment un Etat qui peine à financer la protection sociale de ses propres habitants, qui prend le risque de bloquer son propre système fédéral se  mèle-t-il à l'international de dégager par les bombardements hors du droit international un régime politique tiers?

      LA FRANCE EN SORT AFFAIBLIE,  TOUJOURS ENGLUEEE DANS SON SYNDROME SUEZ

    La France continue à se croire si importante.

    L.Fabius voulait une résolution hyper contraignante sur la Syrie. Elle ne l'est pas.

    F Hollande propose même à New-York de changer les règles du jeu international!   Une modification des règles de fonctionnement du Conseil de Sécurité de l'ONU, pas moinns ! Avec des moments où "on" ( qui?)  pourrait agir en se passant du veto sur la seule idée d'un belligérant. Raisonnement inaudible évidemment car le droit international est Droit. Si les exceptions démarrent, il n'y a plus....de Droit.

    Chacun ferait alors selon son bon vouloir. "J'aime pas ce pays; tient, il m'intéresse, il a des ressources. Tient, j'y lâche ma petite bombinette"

    Grâce à un média,  une information a été essentielle pour la lecture des évènements récents : avoir accès aux élément historiques de la journée du 31 août donnés en toute inconscience  par l'Elysée. Inconscience car au lieu de grandir l'action du président Hollande, l'amateurisme le plus total se lit entre les lignes.

    Une exclusivité du Nouvel Observateur. Texte essentiel pour comprendre les faits que l'Histoire retiendra:

    http://tempsreel.nouvelobs.com/guerre-en-syrie/20130927.OBS8824/exclusif-comment-hollande-avait-prevu-de-frapper-la-syrie.html

    Je l'avais cité hier dans la précédente note. J'y reviens in extenso tellement c'est choquant.

    "Les frappes sont pour ce soir." Le samedi 31 août, au matin, les plus hauts responsables français, civils et militaires, sont convaincus que le président de la République va déclencher le bombardement punitif de la Syrie la nuit suivante. Plus étonnant encore : François Hollande lui-même le croit aussi. Et cette incroyable méprise va durer jusqu'à la fin de l'après-midi. Entre-temps, pendant une dizaine d'heures, la machine de l'Etat aura été mise en branle pour effectuer ces frappes franco-américaines, les "vendre" à l'opinion et en gérer les conséquences diplomatiques.

    Cette folle journée débute à 3 heures du matin, ce samedi 31 août, lorsque l'officier de permanence chargé des communications du président de la République reçoit un appel de son homologue américain. Ce dernier le prévient que Barack Obama va téléphoner à François Hollande sur la ligne directe et sécurisée qui relie l'Elysée à la Maison-Blanche. Quand ? Le jour même à 18h15, heure de Paris. Le malentendu transatlantique commence - un quiproquo risible s'il ne s'agissait de guerre.

    Conseil de guerre

    Décalage horaire oblige, le conseiller diplomatique de François Hollande, Paul Jean-Ortiz, découvre le message de la Maison-Blanche à 8 heures, dès qu'il arrive à son bureau, rue de l'Elysée. Il prévient illico François Hollande, qui décide de convoquer un conseil restreint juste après le coup de fil de Barack Obama. Devront être présents les ministres de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères, ainsi que les "grands subordonnés" : le chef d'état-major, les patrons de la DGSE et du Renseignement militaire... Un conseil de guerre à l'issue duquel le chef de l'Etat va donner l'ordre formel du début des frappes françaises en Syrie. C'est du moins ce que croit François Hollande et, avec lui, toutes les personnalités convoquées.

    Ce 31 août au matin, l'Elysée demande donc aux militaires de se tenir prêts à exécuter cet ordre supposé imminent.

    Le plan était de bombarder pendant une nuit, en commençant vers 3 heures du matin au moment où les gens sont profondément endormis, dit un haut responsable français. Il s'agissait de détruire notamment des batteries de missiles et des centres de commandement de la quatrième armée, la chimique."

    Les frappes doivent être réalisées par plusieurs Rafale volant en Méditerranée, au-dessus des eaux internationales. "Nous ne voulions pas tirer à partir du ciel turc, raconte un autre. Nous redoutions qu'Assad n'invoque la légitime défense et ne bombarde son voisin, ce qui risquait d'impliquer l'Otan."

    Il y a un hic : les missiles de croisière Scalp prévus pour l'opération ayant une portée maximale de 250 kilomètres, les bombardements français ne pourront atteindre que des points situés dans l'ouest de la Syrie, Damas compris. Les Américains se chargeront de tout le reste. "Mais nous ne dépendions pas d'eux pour nos tirs et notre ravitaillement en vol, tient-on à préciser à la Défense. Il y a une seule chose que nous ne maîtrisions pas : le calendrier. C'est Obama qui devait donner le top départ."

    Des preuves "déclassifiées"

    Pour prouver à l'opinion que François Hollande n'agit pas à la remorque des Etats-Unis, façon Tony Blair pendant la guerre en Irak, l'Elysée décide aussi, ce samedi 31 août, de "déclassifier" certaines preuves françaises de l'attaque chimique. "Nous avons appelé ce document 'Synthèse nationale de renseignement déclassifié' et nous avons mis un drapeau bleu, blanc, rouge sur chaque page", raconte un officiel. Et, en prévision des frappes du soir, le ministère de la Défense fait fuiter ce texte dans le "Journal du Dimanche" à paraître le lendemain.

    L'ensemble du plan de communication de l'opération est établi au cours d'une réunion à 14h30 ce même samedi dans le bureau de Paul Jean-Ortiz, avec les directeurs de cabinet des principaux ministères concernés. "Nous avons discuté des images à fournir aux journaux télévisés, celles de la montée en puissance de l'opération qui étaient déjà prêtes, et celles des premières frappes que pourrions livrer très rapidement", explique un officiel. "Nous avons aussi débattu du moment où il faudrait informer certaines personnalités étrangères, raconte l'un des participants. Il a semblé évident que François Hollande préviendrait lui-même Angela Merkel, juste après le coup de fil d'Obama."

    "Le jour J était arrivé"

    D'où vient cette certitude que le président américain va donner le top départ ce samedi ? "Tout nous conduisait à penser que le jour J était arrivé", dit un responsable français. Cela faisait une semaine que la perspective d'une action militaire franco-américaine contre la Syrie apparaissait inéluctable.

    Tout a commencé le dimanche précédent, c'est-à-dire quatre jours après l'attaque chimique contre les populations civiles, quand Barack Obama et François Hollande ont discuté de plusieurs types de "punitions", y compris militaires. "Dès le lendemain, les états-majors des deux pays ont commencé à travailler à un plan de frappe commun", dit-on au ministère de la Défense.

    Certes, les jours suivants auraient pu tout faire dérailler. Le mercredi, à Londres, la Chambre des Communes a voté contre une participation britannique à ces frappes. Et, on le sait moins, le jeudi, les Français et leurs alliés ont raté leur "blitz" diplomatique visant à conférer, si ce n'est une légalité, du moins une certaine légitimité internationale à une action militaire contre la Syrie. Ils espéraient recueillir une majorité des voix au Conseil de Sécurité, et ainsi contraindre Pékin et Moscou à opposer leur veto. Malgré les efforts de Laurent Fabius, Paris, Londres et Washington ne sont pas parvenus, selon nos informations, à rallier un nombre suffisant (six) de suffrages des pays membres non permanents du dit Conseil. Si bien que l'idée de passer par l'ONU a été abandonnée.

    Pourtant, en fin de semaine, les Américains sont toujours aussi déterminés. Le jeudi, la conseillère de Barack Obama pour la sécurité, Susan Rice, fait savoir à Paul Jean-Ortiz que, malgré la défection britannique et le revers onusien, son patron est "tout près d'y aller". Et le lendemain, le vendredi 30, plusieurs indicateurs en provenance de Washington font penser aux Français que des frappes américaines sont imminentes. "Ce jour-là, John Kerry s'est entretenu plusieurs fois avec Laurent Fabius, assure un officiel. Il lui a dit que Barack Obama lui avait demandé de 'préparer l'opinion publique à des frappes.'" Au cours de cette même journée, dit un autre, "la Maison-Blanche a publié ses preuves sur le massacre chimique".
    Et toujours ce vendredi, François Hollande et Barack Obama ont de nouveau discuté longuement. Le président américain dit qu'il n'a pas encore pris sa décision définitive mais que celle-ci ne saurait tarder. Il ajoute que les frappes pourraient avoir lieu bientôt, "avant ou après le G20", précise-t-il. "Rappelons-nous demain ou après-demain", conclut-il.

    Le revirement d'Obama

    Si bien qu'à l'annonce d'un nouveau coup de fil de la Maison-Blanche les conseillers de François Hollande sont persuadés ce samedi 31 août que le président américain a tranché dans la nuit et qu'il déclenchera l'opération le soir même ou au plus tard dans la nuit du dimanche (hypothèse peu probable puisqu'il part en Europe le lendemain). Personne à l'Elysée n'imagine qu'après avoir reçu une lettre de 186 parlementaires lui demandant de faire voter le Congrès Barack Obama a décidé in extremis de leur donner raison et encore moins que les principaux responsables de la Chambre des Représentants et du Sénat sont déjà au courant - plusieurs heures donc avant François Hollande...

    "J'ai décidé d'y aller, dit le chef de la Maison-Blanche à son homologue français ce samedi à 18h15, mais je vais d'abord demander l'aval du Congrès." François Hollande est abasourdi. Il essaie de convaincre le président américain de revenir sur sa décision - en vain. Le chef de l'Etat rejoint alors les hommes qu'il a convoqués dans le salon vert pour un conseil restreint. Il ordonne aux militaires de rappeler les Rafale et évoque les prochaines fenêtres de tirs. De l'avis général, il n'en reste plus qu'une : aux alentours du 15 septembre, entre le vote des parlementaires américains et l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies. "Après ce sera très difficile, voire impossible", convient-on. Cette ultime fenêtre sera refermée la semaine suivante par une manoeuvre diplomatique astucieuse de Vladimir Poutine.

    Analyse de texte, noter la tonalité incertaine du vocabulaire employé: François Hollande "croit" "les hauts responsables sont "convaincus", la "méprise" va durer toute la"folle" journée;"malentendu transatlantique "quiproquo risible s'il ne s'agissait d'une guerre";"nous ne maitrisions pas le calendrier, Obama devait donner le top départ"

    Amateurisme absolu: les français ont cru que le coup de fil attendu de Obama dans l'après-midi  signifiait le top départ. Mettant en branle la folle journée française qui lance le timing. L'article dit "quiproquo risible s'il ne s'agissait d'une guerre".Obama a annoncé au  public américain son... non engagement dans l'après midi.

    AMATEURISME HALLUCINANT DE HOLLANDE ET SES EQUIPES, PIEGEES PAR LEUR ENVIE D'EN DECOUDRE !

    Sommum du texte :  "pour prouver à l'opinion que François Hollande n'est pas à la remorque des Etats-Unis version Tony Blair nous avons mis un drapeau bleu blanc rouge sur les pages du communiqué qui allait fuiter à la presse".....!!!!!!!!!!!!!!!

    Plus incompétent, tu meurs!

    Suite "tout nous conduisait à penser que le jour J était arrivé"; " la perspective d'une action militaire franco-américaine apparaissait inéluctable"

     Toujours le vocabulaire du putatif : "personne à l'Elysée n'imagine"; "les conseillers sont persuadés" "

    On apprend dans ce texte que les principaux responsables de la chambre des représentants furent informés plusieurs heures avant Hollande ! On apprend que Barack Obama avait pourtant  demandé aux français de préparer leur opinion publique.

    Fin. On lit que François Hollande, abasourdi, rappelle ses rafales. Sans commentaire. Le texte se suffit à lui-même.

                                                  **

    Si on peut résumer l'épisode géostratégiques du 31 août en d'autres termes :

    François Hollande a péché par immense orgueil. Depuis que les anglais ont dit non, il s'est retrouvé en couple durant  une semaine avec l'Amérique  -  vanté comme le couple franco-américain  par les médias hexagonaux tout aussi orgueilleux- 

    N'en croyant pas ses yeux, il a voulu épouser sa promise de rêve.

    Mais la belle Américaine, plus puissante, plus riche  plus jeune, plus jolie a trompé tous  ses espoirs en se retirant brutalement  du lit de noces au dernier moment. Par un magistral volte-face.

    Conclusion. Se mettre en ménage  avec plus grand que  soi quitte à y perdre son âme était un pari risqué. Ici l'âme évaporée étant la  souveraineté de  la France, son indépendance, les dizaines d'années de diplomatie sérieuse.

    Le pari personnel du Président de la République est complètement perdu. Très inquiétant en tous cas  pour l'image donnée de la France devenue à la fois  ultra va-t-en-guerriste et  basiquement  suiviste. C'est contradictoire.

    Cette contradiction  est induite dans ce que j'ai nommé le "Syndrome de Suez".

     

                                                                          Sylvie Neidinger


    Ce blog a ouvert une nouvelle rubrique politique à l'occasion de ces évènements intitulée  Grenouillade...: quand la France surjoue.

  • L'affaire syrienne aura été un "SUEZ Bis"

    L'affaire de Suez date de 1956. A l'époque, France, Grande-Bretagne et Israël avaient lancé leur expédition sur l'Egypte pour contrer Nasser. Ils ont réellement occupé le terrain, bombardé.affaire de suez,usa,france israel,egypte,syrie

     Jusqu'à ce que "plus fort  " que la France, et le Royaume -Uni, ces anciennes puissances coloniales  (+Israël ) ne leur tape sur les doigts pour leur dire de cesser cette expédition punitive.

    "Plus fort" se nommait alors Union Soviétique et USA. Les deux pôles de l'équilibre mondial de l'époque.

    Les deux puissances moyennes qui voulaient jouer dans la cour des grands  se sont retirées. Le Canal a été nationalisé et chacun renvoyé à son ....niveau stratégique.

    En  septembre 2013 la crise syrienne est similaire mais avec d'autres acteurs et l'attaque +occupation réelle en moins.

    RUSSIE ET ONU PLUS FORT QUE USA ET FRANCE

    Dans le rôle de la France de 1956... la France de François Hollande  de 2013 qui remet le couvert mais dans un inquiétant état  de vassalité vis à vis de l'Amérique, au point de décider en fonction de  la décision du Congrès US et non de son propre parlement !

    Dans le rôle d'Israël de 1956 ...personne a priori. Ce pays est officiellement en retrait de tout ce qui se passe au proche-orient actuellement. Mais en façade seulement car  hyper présent en off. L'Eat hébreu a procède à des tirs de missiles réels au plus fort de la crise la semaine dernière.

    Dans le rôle de l'Angleterre de 1956.... les USA! Barack Obama entend mener une expédition punitive par bombardements aériens sans but martial annoncé sinon de "punir".

    "Punir" ! Bizarre. Cette notion étant plutôt liée au monde de l'éducation ( on punit un enfant!) qu'au langage structuré de la géo-politique internationale.

    Le tout sans aucun mandat de l'ONU. Pire,  en disant "agir parce que l'ONU n'agissait pas." Initiative solitaire.Décriée.

    Le Président US  allait vers une cuisante défaite devant son Congrès , le Sénat. Et devant le monde. Ridiculiser son pays. Il a donc immédiatement  saisi l'option diplomatique mise en place par la Russie de Poutine : le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

    Ceci marque clairement  l' échec de l'épopée solitaire américano- française, de cette tactique de vouloir " punir Bachar El Assad un peu mais pas trop pour laisser tout de même le système en place face au chaos annoncé."

    En réalité ils avaient l'intention de tester les systèmes de défense anti-aériens syriens voire russo-syriens... C'était d'ailleurs la raison du tir "pour entraînement" d'Israël en Méditerranée, immédiatement détecté par les Russes. Ils n'ont pas pu.

    UN SUEZ BIS POUR CONCLUSION DE CETTE DIPLOMATIE GUERRIERE

    Le scénario était bien monté par la diplomatie offensive de  Obama+ Kerry, Hollande+  Fabius le faucon français.

    Sauf qu'ils avaient oublié un détail. L'immense réprobation mondiale de taper sans but, sans solution pour 'après" avec le risque de commettre un Irak bis.

    Les opinions publiques étaient fortement négatives,  le vote anti-conflit au parlement britannique fut magistral.

    L'idée russe  de sortie de crise vient donc à propos pour sauver le soldat Obama d'une gifle magistrale du vote négatif au Sénat et au Congrès qui aurait encore plus entaché l'image de l'Amérique ! Il se tire à "moindre mal" d'une idée mal conçue au départ.

    Mais la conclusion de tout ceci est majeure: la "CRISE DE SUEZ SYRIENNE " aura validé Vladimire Poutine dans le rôle d'une diplomatie du réel.

    LA LIGNE FAUCON BAT DE L'AILE !

    USA et France auront été confronté à plus "grands"  qu'eux, sur ce dossier en tous cas : le tandem Russie +...ONU et très certainement de la Chine sur la même ligne que la Russie.

    Plus bloquant en tous cas, comme dans l'affaire du canal.

    Il semble que la légalité des décisions  internationales ait prévalu. L'unilatéralisme  a vécu.

    La puissante Amérique n'a pas frappé comme un  "lonesome Etat cow-boy".

    L'option diplomatie a prévalu.

    Ce retour vers un réalisme pragmatique de la part de la nation état-unienne et une bonne nouvelle pour la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

                                          Sylvie Neidinger

     

    Nota Le 2 septembre 2013, j'avais fait le pari sur ce blog Neidinger d'une issue à la Suez. "Je prends personnellement le pari que cette expédition est une affaire expédition Suez bis.(non pas GB plus France ) mais USA et France face à une réprobation internationale"

    CQFD !

    http://blogdesylvieneidinger.blogspirit.com/archive/2013/09/02/vers-la-fin-des-pleins-pouvoirs-carrement-anti-democratiques.html

     

     

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