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Ici, ceux du divertissement, de l'inversion sociale. Jour de Mardi Grasà Paris, jour des masques carnavalesques diversifiés. En Belgique à Bincheexiste unMusée dédié au Masque.
Sans oublier lesmasques de théâtre grecs, lesmasques rituels...
Le masque médical destiné à une population complète et porté sans restriction de temps n'était pas encore inventé.
Sylvie Neidinger
« Mardy, multitude de Masques,
Qui ridicules, qui fantasques,
Qui portans sur eux maint trézor,
Qui brillans de perles et d'or,
Qui vêtus de riche écarlate,
Qui de canevas, qui de nate,
Qui de cuirs, qui de velours raz,
Qui d'habits blancs, qui d'habits gras;
(Jusqu'au nombre de quatre mille)
Etant sortis de la Ville,
Les uns ressembloient à des Chinois,
Des Margajats, des Albanois,
Des Amazones, des Bergéres,
Des Païzanes, des Harangéres,
Des Clercs, des Sergens, des Baudets,
Des Gorgones, des Farfadets,
Des vieilles, des sainte-ny-touches,
Des Jean-doucets, des Scaramouche,
Des Gens à cheval, dos-à-dos,
Des Scarabambombillardos,
Et (ce qui cauzoit des extazes)
Des carosses couverts de gazes,
Après qui couroient les enfans,
Et des chariots trionfans
Tous remplis de tendres pucelles,
Ou du moins, qui se dizoient telles.
Pour voir tant de diversitez
Qui brilloient de tous côtez,
Les Bourgeois quittoient leurs négoces,
Et plus de six mille carosses
Tant de satin, que de velours,
Ce jour mesme allèrent au Cours,
Non pourtant, au Cours de la Roine,
Mais en celui de Saint-Antoine. [...]
Durant tant de déguizemens,
De jeux, de divertissemens,
D'aubades et de sérénades,
De Momons et de Mascarades,
Qui couroient comme dains,
Un de nos plus sages Mondains,
Un des bons esprits que l'on sçache,
Sçavoir est Monsieur de l'Esclache,
Le Dimanche, Lundy et Mardy,
Aussi vray qu'il est Samedy,
Expliquoit avec éloquence
Des matiéres de conséquence
A des Gens-de-bien et d'honneur,
Les Commandemens du Seigneur,
Que les seuls pécheurs trouvent rudes,
Le Pater, les Beatitudes,
Dont discourant moralement
Il tiroit maint docte argument
Pour faire en ce noble exercice
Triompher la vertu du vice.
Quoiqu'il semble qu'avec raizon
Chaque chose aye sa saizon,
Et qu'assez rarement l'on voye
Les Sermons mêlez à la joye,
J'aprouve son saint procédé,
Et je suis trés-persuadé
En faveur de ce Personnage,
Qu'il agissoit en homme sage,
Au mesme temps que presque tous
Sembloient agir en hommes fous. [...]
Fait au mois de Février le treize
Par moy nommé Jean, et non Blaize. »
Ce texte du XVIIème siècle fut rédigé le 13 février 1655 par Jean Loret .
L'auteur est par ailleurs considéré comme un des précurseurs du journalisme, car inventeur d'une gazette hebdomadaire rédigée en vers. Puis imprimée.
(wiki)"Loret eut l’idée d’adresser chaque semaine à Marie d'Orléans-Longueville, devenue plus tard duchesse de Nemours, une gazette en vers distribuée d’abord sous la forme de copies manuscrites, puis, à partir du , imprimées à un petit nombre d’exemplaires, sous le titre de Lettre en vers à Son Altesse Mlle de Longueville, comprenant la politique, le théâtre, la littérature, les divertissements de la cour, les commérages des rues. Loret rédigeait ainsi 700 à 800 vers chaque semaine sur les faits survenus qu’il fit imprimer sous le titre de La Muze historique(Paris, 1650-65, 3 vol. in-fol. ; nouv. édit., Paris, 1857, 4. vol. in-8°). *
Les propos de la candidate Agnès Buzyn deux jours après sa défaite, le 17 mars dernier, en plein début de confinement ont totalement affolé la population.
Vexée de n'arriver que 3ème lors du premier tour des municipales, elle sort le lance-flamme verbal. Elle dit se retirer "en raison de la situation sanitaire et dans les hôpitaux ».« C’est ma part de liberté, de citoyenne et de médecin. » L’avait-elle donc perdu, ce libre arbitre, durant son aventure électorale ? Ses propos le laissent deviner. « Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée. »(citation)
Elle créé elle-même un véritable "bad buzz" puisque Agnès Buzyn accuse le gouvernement auquel elle participait au premier plan en tant que Ministre de la Santé, d'avoir su et pas agi, laissant la France dans un moment de sidération face à une telle dualité. En résumé, elle s'accuse...elle-même ! La séquence est lunaire.
Le corps médical qui n'a pas été protégé par les masques manquants, qui a vu des décès dans ses rangs, a immédiatement porté plainte devant la CJR contre elle et le gouvernement.
D'une part, le mal est fait: elle n'est pas une gamine mais Ministre de la Santé en période de pandémie puis candidate. Elle devra s'expliquer.
D'autre part le terme de mascarade n'était pas seulement trop fort mais juste...ignominieux dans la situation épidémique. D'autant que les masques MANQUAIENT.On reprend ici la définition précise:
En période covid-19, comparer la situation à un "défilé de personnes déguisées et masquées" est improbable.
Le divertissement de la Maschera d'origine italienne se meut, historiquement en ballet de cour, les aristocrates adorant se montrer et se déguiser. On a encore une image, au 21ème siècle contemporain, de ce divertissement.... le carnaval de Venise! En bonne inversion sociale (= carnaval) tout un chacun peut jouer ce jeu du déguisé (souvent en habits 17ème) se pavaner caché derrière un masque.
Une mascarade est aussi, dans la définition étymologique, un déguisement étrange, une comédie hypocrite et TROMPEUSE.
Effectivement...TROMPEUSE là est le problème.
Il est certain que Agnès Buzyn, médecin, semble s'être fourvoyée en politique (par orgueil?) Avec cette mascarade, elle représentera probablement devant l'Histoire le degré zéro de la parole politique crédible.
Les soignants qui lui demandent des comptes par voie judiciaire ne vont certainement pas se contenter de ses regrets d'avoir usité cette terminologie méprisante, décalée, odieuse, contradictoire.
Tout simplement parce qu'un responsable politique de premier plan-ici Ministre de la Santé, en période pandémique de surcroît- ne peut PAS dire n'importe quoi, puis s'en excuser. Tellement facile.
Deux statues de Victor Schoelcher se voient vandalisées, détruites le 22 mai dernier en mémoire du 22 mai 1848 date de la fin de l'esclavage en Martinique. Le décret d'abolition de l'esclavage étant lui signé à Paris le 27 avril, porté par le dit Victor Schoelcher. Profession: journaliste.
Une ville de Martinique et un bibliothèque portent d'ailleurs son nom. Les militants qui revendiquent cette destruction veulent rebaptiser la ville du nom d'autres intervenants ayant lutté contre l'esclavage: Franz Fanon, Simeline Rangon etc..
Rappel : le normand Pierre Belain d'Esnanbuc part en expédition en 1625. Il prend possession des îles pour lui-même et pour la France en chassant les Espagnols de la zone. Martinique le 15 septembre 1635, il aborda avec 100 hommes pourvus de tout ce qui était nécessaire pour former des habitations sur la côte occidentale de l’île, dans l’endroit nommé le Carbet, à 2 kilomètres environ de l’emplacement où s’éleva plus tard la ville de Saint-Pierre.
Principe de la colonisation: la terre est supposée vierge mais la population autochtone ...indienne décimée. Une économie s'installe au profit de planteurs dits créoles (béké terme à l'origine incertaine. Toutefois "blanc" se dit beke chez les Ibo) et d'une main d'oeuvre dite "noire" en esclavage.
Lorsque cesse l'esclavage curieusement et comme pour Haïti, les anciens propriétaires d'êtres humains sont... indemnisés. Pas les victimes... Problème....
Une situation que de jeunes activistes dénoncent avec virulence.
MAIS. Le "mais" est important. Venir relire le XIXème siècle avec les yeux de 2020 c'est faire de histoiro-centrisme déplacé. D'ailleurs en Martinique combien sont descendants des anciens maîtres par ailleurs. Le sang commun des anciens maîtres et esclaves coule dans les veines!
Autre chose: un activiste, un indigéniste de 2020 n'a RIEN à voir avec un esclave d'hier. Il vit dans une autre société et ne peut surjouer en endossant un habit qui n'est pas le sien. La lourde problématique de l'esclavage est commune à tous.
Pour revenir à Schoelcher, certains écrits de George Sand amie de Schoelcher sont juste illisibles aujourd'hui, racistes. Datés. On ne peut en 2020 revenir faire le procès a posteriori
Avec un regard de 2020, Schoelcher a effectivement tout faux :
(wiki) "Le discours abolitionniste de Schœlcher évolue au cours de sa vie. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs »10, après avoir fait une description terrible de la situation des esclaves, et montré comment l'esclavage transforme ces hommes en brutes, il se prononce contre l'abolition immédiate, car pour lui, « les nègres, sortis des mains de leurs maîtres avec l'ignorance et tous les vices de l'esclavage, ne seraient bons à rien, ni pour la société ni pour eux-mêmes » ; « je ne vois pas plus que personne la nécessité d'infecter la société active (déjà assez mauvaise) de plusieurs millions de brutes décorés du titre de citoyens, qui ne seraient en définitive qu'une vaste pépinière de mendiants et de prolétaires » ; « la seule chose dont on doive s'occuper aujourd'hui, c'est d'en tarir la source, en mettant fin à la traite »"
Pourtant Aimé Césaire, le chantre de la négritude, immense intellectuel auteur du "Discours sur le colonialisme" l'a valorisé !
L'écrivain Patrick Chamoiseau ne s'y trompe pas " L'ennemi n'est pas Schoelcher mais le Schoelchérisme" affirme-t-il dans son tweet.
Où l'on apprend, au passage que la Martinique a toujours un ...ennemi ! Une blessure mémorielle ouverte.
Pourtant l'historien et militant politique des années 60/70 Gilbert Pago désapprouve l'acte inutile de démolir des statues, baptisé "coup d'éclat erroné'. Il replace la perspective historique:"Les historiens-chercheurs de Martinique (parmi lesquel-le-s je me place) eurent cependant à mettre en lumière que la disparition du statut juridique d’esclave reste l’aboutissement de plusieurs éléments diversifiés ; éléments que nous ne devons pas opposer mais appréhender comme systémiques (c’est à dire complémentaires voire interdépendants). Sur les deux-cent vingt-trois ans du système esclavagiste chez nous (1635-1848), les 59 dernières années, de 1789 à 1848 ont vu s’accélérer les insurrections d’esclaves entre Saint-Pierre en août 89 jusqu’à Gradis en 1847, en passant par les révoltes nombreuses de 1791-1792, les révoltes de Compère Général Fayance en 1794, les tentatives de Tiberge et de Fourne en 1795, les séditions du carnaval de 1797, la révolte de Kina en 1800, la révolte de Basse-Pointe de 1809, la révolte de septembre 1811 à Saint-Pierre, le soulèvement du Lamentin en 1820, la révolte partie du Canari cassé au Carbet de 1822, la révolte de Saint-Pierre de 1831, l’affaire de Spoutourne à Trinité en 1831, la sanglante répression de Fonds Massacre à Grand-Anse (Le Lorrain) en 1833. C’est essentiel pour nous de connaître tout cela, mais ce n’est pas sûr que tous, nous nous attachons à les connaître à fond et à les méditer."
La Justice est saisie sur les actes délictueux, revendiqués de destruction de statue. Malheureusement, les activistes trouveront gloriole à se voir inculper...
La mémoire historique reste un enjeu majeur. Qui connait le Chevalier Saint Goerges, autre Mozart...noir? Des étudiants de Lille veulent absolument le faire connaître! A juste titre.
La planète vit depuis plusieurs mois avec un vocabulaire médical collectif: pandémie, épidémie...Qu'en est -il exactement ?
Les épidémies ne correspondent pas à la seule contagion biologique, celle qui normalement répond à la définition communément admise d'une affection contagieuse.
De véritables transes sociales passées ont jalonné notre histoire. La chorémanie ou manie dansante est une contagion épidémique psychiatrique existe aussi. Psycho-sociale, en fait.
A classer probablement comme un trouble neuro-psy mais collectif? Avec parfois des tremblements potentiellement assimilés à un état de mal épileptique pouvant s'avérer être des crises non épileptiques psychogènes (CNEP) Là encore.... collectives ? Ils sont en tous cas ainsi décrits " des individus qui tremblent, au sol".
Surtout ils dansent jusqu'à épuisement sans se nourrir et sans dormir le plus souvent sur une place publique.
L'écrivain Jean Teulé a remis au jour cette ancienne transe "plus folle que la fiction" en 1518 à Strasbourg.Un trauma collectif se traduisant par une épidémie de danse...à en mourir. Une manie dansante, jusqu'à l'épuisement. L'auteur tire de cet épisode un format romanesque "Entrez dans la danse" chez l'éditeur Julliard.
Les faits: en plein épisode de famine, deux mille personnes dansent en place publique. Probablement une réaction physique, somatique à l'angoisse et au désespoir.
Cette chorémanie fut décrite en Europe du Nord: Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Alsace et Lorraine (Metz) entre le XIVème et XVIIIème siècle:
"Plusieurs manifestations importantes de manie dansante ont été répertoriées au cours des siècles, notamment le à Erfurt, le aux Pays-Bas et/ou à Aix-la-Chapelle, en 1417 et 1418 en Alsace, et en 1518 à Strasbourg, où elle aurait concerné les femmes (voir l'article Épidémie dansante de 1518). D'autres cas furent répertoriés à travers toute l'Europe comme aux Pays-Bas, à Cologne, ou à Metz."(wiki)
L'hystérie collective touchaient hommes, femmes et enfants qui continuaient à se tortiller à terre si tombés. La mort pouvait s'ensuivre pour motif d'accidents cardio-vasculaires, de déshydratation.
DANSE DE SAINT-GUY
La religion catholique avait depuis donné comme à son habitude sa réponse autour des Saints guérisseurs et protecteurs. L'appellation "danse de Saint-Guy" semble dater du IXème siècle. D'ailleurs la chapelle de Saint-Guy (Vitsgrotte) àSaverne dans les Vosges accueillait en pèlerinage les malades atteints de cette affection dansante. Y étaient pratiqués des exorcismes (contre le diable évidemment) mais... au point d'inquiéter les autorités religieuses par leurs excès!
Thomas Laurent, un " you tubeur historien" raconte cet épisode strasbourgeois. Les commentaires sur son site sont marrants tels: "Strasbourg: premier Teknival de France" ou " les Strasbourgeois savent enfin sur quel pied danser.."
S'agissait-il d'une intoxication à l'ergot de seigle (famine = mauvais pain, grains de seigle contaminés) type LSD? Pas certain.
William Shakespeare nommait ces événements "The Dancing plague", la peste dansante.
*La Tarentelle italienne est une danse bien nommée car issue d'une fureur dansante (XVème): le tarentisme des Pouilles. Il est expliquée par la population comme lié à la "morsure de la tarentule". Bien décrit par les... ethnologues (Di Martino)
*Une chorée épidémique baptisée "ramaninjana" fut signalée à Madagascar en 1853. En cause? Une insatisfaction liée à la venue de missionnaires qui perturbent les modes de pensée: réactions convulsionnaires et mission d'outre-tombe (obéir à une Reine décédée) pour rétablir les anciens us.
*1962. Une épidémie de ....rire agite la Tanzanie. Elle démarre dans une école de Kinshasa. 95 des 159 filles touchées. Cela s'est propagé durant 18 mois. Au final 14 écoles fermées, plus de 1000 individus "infectés".
Les couleurs peuvent avoir une influence: souvent le noir ou le rouge, attirance ou aversion au point de déchirer les vêtements avec violence.
La FAMINE semble un facteur explicatif majeur qui rejoint les dernières recherches en neuro-sciences. Vous carencez l'alimentation de souris de certains apports précis, elles développent des comportements atypiques (femelle qui mange ses petits etc..)
EPIDEMIE: LA TERMINOLOGIE MEDICALE S'APPLIQUE BIEN ICI
Le terme "épidémie" devrait concerner stricto sensu uniquement une propagation infectieuse contagieuse (type coronavirus). Or, ici on parle d'épidémies de danse, de rire, d'aversion aux couleurs, aux missionnaires!
Ces "fureurs" sont pourtant bien classées par le monde médical comme "épidémiques". Logique: elles tiennent de réactions psycho-somatiques, psychiatro-neurologiques.
La même "vocabularia" médicale s'applique à juste titre à ces manifestations psycho-sociales d'angoisses existentielles souvent en contexte de privation alimentaire.
L'angoisse de mort en version collective dont la famine génère un contexte anxiogène collectif qui semble mener à ces comportements dérangés. Affaire à suivre... par la voie de la recherche scientifique probablement.
Pour la médecine -sous réserve- il n'y a pas d'âme sans corps ni de corps sans âme chez l'être humain vivant. Chez les souris aussi ?