Le Blog de Sylvie Neidinger - Page 235
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A Plainpalais, Père Noël habite près de l'enfer !
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Expo de diplomatie russo-suisse: la double vue
L'expo "La Suisse par les Russes, regards artistiques et historiques 1814-2014 à Penthes, Musée de la diplomatie helvète fête le bicentenaire des relations diplomatiques entre les deux pays.
Diplomatie. Double vue, étymologiquement. Double focale.
Autant il est agréable de découvrir des paysages helvètes peints par les artistes russes, avec un petit brin de narcissisme bien placé, autant il est intéressant de découvrir à cette occasion des pans de la culture russe.
L'échange, le voyage, cette définition pragmatique de la diplomatie.
Les musées russes et organismes ont largement contribué:
*Ministère de la culture de la Fédération de Russie
*Centre Rosizo des Musées d'Etat
*Musée Russe. Saint-Pétersbourg Trois paysannes suisses dans un canot du côté du lac de Brienz. Evgraf Reutern 1849.
*Archives d'Etat de la Fédération de Russie, Moscou
*Archives de la politique extérieure de l'empire de Russie, Moscou
*Galerie Tretiakov, Moscou
*Musée des Beaux-Arts M.A.Vroubel, Omsk
*Musée des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou
*Musée des Beaux-Arts de la région de Kaluga
*Musée des Beaux-Arts de la république de Tatarstan, Kazan
*Musée communal d'art moderne, Ascona
*Musée de l'ermitage,Saint-Pétersbourg

*Musée historique d'Etat, Moscou,
*Musée d'histoire et d'étude régionale, Omsk
*Musée littéraire d'Etat, Moscou
*Maison-Musée de Tchaïkovski, Kline,
*Musée national d'histoire contemporaine de la Russie, Moscou
*Musée Vladimir-Nabokov, Université de Saint-Pétersbourg
*Réunion nationale des musées de la culture musicale Glinka, Moscou.
Des collections publiques et privées genevoises ont pu être mobilisées avec pARTnership&business development.Après l'expo, c'est toujours l'expo !
Original, le catalogue est édité en trois versions: les langues française, russe et anglaise.
Sylvie Neidinger
http://www.tdg.ch/culture/culture/La-Suisse-vue-par-les-Russes/story/27909664
http://artcorusse.org/la-suisse-par-les-russes-regards-artistiques-et-historiques-1814-2014/Crédit images photo neidinger+ scan de couverture+capture d'écran site web cité
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Une quinzaine de directeurs(rices) de musées russes réunis à Genève-Penthes cette semaine
L'évènement culturel principal de Genève cette semaine était assurément russe!
Avec la présence à Penthes ce mardi 15 décembre 2014 de treize responsables de musées de ce pays pour la conférence de presse, à l'occasion du vernissage de l'exposition La Suisse par les Russes.
Ce qui en terme d'attrait culturel des institutions représentées est énorme. Il n'en fallait pas moins pour fêter le bicentenaire des relations diplomatiques entre les deux pays démarrées donc en 1814. Deux siècles en représentation donnent à cette expo donné au Domaine de Penthes un poids historique certain.
Une sympathique photo a été prise dans l'escalier tout de fer forgé lors d'une présentation inédite, impromptue de ces responsables des dites institutions.
J'ai demandé à Madame Galina Ivanovna Belonovich, directrice du Musée Tchaïkovsky de Kline-en Russie visiblement les responsables de musées sont majoritairement féminines! - de me montrer ce que son propre organisme avait prêté.
Elle me conduisit dans une salle qui donne sur le lac.
Extraordinaire que d'être en contact physique avec le musicien par les objets-la malle de voyage !- lui ayant appartenu, jusqu'à son guide de voyage. Dans son édition suisse évidemment.
L'étiquette informative résume les lieux du voyage d'agrément "classique" de l'époque : "la Suisse et les parties limitrophes de l'Italie, de la Savoie, du Tyrol. Manuel de voyage par K Baedecker ayant appartenu à Piotr Tchaïkovsky. Leipzig 1881 Editions Karl Baedecker. Faux cuir, tissu et crayon. Maison Musée Tchaïkovsky Kline."
Et je vis ensuite cette Directrice prendre en photo le lac, sans ciel bleu ce jour là, malheureusement.
Comme un échange de visions.Car nous voici précisément au coeur de la relation diplomatique dans le cadre de cette expo: la double vue (=étymologie de diplomatie) pour mieux connaître l'autre!
Un évènement culturel pour tout autant parler des russes qui pour leurs humanités voyageaient en Suisse/France/Italie au XIXème siècle et ramenaient des peintures et croquis que parler des suisses en contact avec cet immense pays aux racines à la fois ancrées en Europe et en Asie.
Monsieur et Madame tout le monde n'est pas diplomate et n'a pas forcément les moyens de visiter tous ces musées lointains. Alors l'expo russe de Penthes est bienvenue pour un voyage culturel à l'intérêt certain.
On pouvait toutefois observer que les autorités politiques et culturelles genevoises n'avaient pas avoir accordé toute l'attention à ces responsables d'institutions russes majeures venus de loin. Lesquels furent étonnés de cette relative solitude à Penthes. Ps très poli comme accueil.
La politique se mêle de tout, jusqu'au domaine culturel. Dommage.
Sylvie Neidinger
1/2-Quinze directeurs de musées russes réunis
2/2-Margy Kinmonth révèle son film sur le célébrissime Ermitage
La Suisse par les Russes, Musée des Suisses dans le monde, château de Penthes, ch. de l’Impératrice, Pregny-Chambésy (GE). Ma-di 10h-17h, du 17 décembre au 22 mars 2014. www.penthes.ch
http://artcorusse.org/la-suisse-par-les-russes-regards-artistiques-et-historiques-1814-2014/
crédit images ©sylvieneidinger
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Catalogue Knapp: après l'expo, c'est encore l'expo !
Si une expo ennuie, garder son catalogue tient de la déforestation inutile.

Si une expo est fort intéressante, posséder son catalogue permet de se remémorer, de retourner aux écrits pour approfondir.
Ce, longtemps après le décrochage.
Tout l'intérêt de cette catégorie d'ouvrages spécifiques qui se nomment "catalogues d'expo". Et que l'on trouve généralement aux accueils des dits musées.Ici, ELLES, 101 regards sur les femmes, Editions de Penthes. Knapp: la mémoire visuelle d'une génération de Femmes.
Sylvie Neidinger
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"Elle" s'est déshabillée pour le "faiseur d'images" Peter Knapp, "l'imperfectionniste perfectionniste!
Qui, Elle? Elles ?
Le Musée des Suisses dans le monde aime les photographes. Après Marco d’Anna (2012) et René Burri,(Utopia en 2013) Peter Knapp a exposé récemment ses 101 regards sur les femmes, réunis par Valentine Mayer, commissaire de l’exposition.(11juillet-30 novembre 2014)
Une rétrospective active car pour l’occasion genevoise, l’artiste- né en 1931 à Bäretswill- a décidé de boucler la boucle de son art. Il a produit à dessein un surprenant cliché local à taille humaine large comme un mur complet- baptisé « l’Avenir de Genève » et spécifiquement dédié à cette expo de Penthes.
Huit genevoises enceintes ont "posé nu". Certaines (pas toutes) ont ensuite participé à une visite, le bébé dans leurs bras !!
Etonnant tour de cadrant pour cet esthète, à ses débuts, d’une« femme de couturier » hyper-sophistiquée, maquillée, apprêtée, chic.
En un mot, reconstruite par un photographe architecte du vêtement en action.
A Genève le photographe boucle son cycle en passant de la ligne d’angle de ses débuts de carrière aux rondeurs naturelles !
Son trajet : le « Faiseur d’images » quitte jeune la Kuntsgewerbeschule de Zurich qui l’initia à la rigueur géométrique des angles droits et à l’interdisciplinarité du Bauhaus pour les Beaux-Arts à Paris, en 1951 avec 100 francs en poche.
Ses copains d'alors se nomment César et Dmitrienko...L'inconnu sait s'entourer.
Il va devenir rapidement un maestro du microcosme parisien, loin du calme de ses Grisons où toutefois une tante avait eu la bonne idée d'envoyer des USA le magazine Harper’s Bazaard que le petit Knapp parcourait avec gourmandise.
A Paris, son regard fonctionnel le lance dans l'univers Mode.Celle des couturiers type André Courrèges et ses vêtements droits, géométriques portés par de jolies insaisissables qui s’envolent et virevoltent sous l'objectif de Knapp.
Virtuosités sophistiquées des clichés type robe Yves St Laurent dite "Mondrian", ses diagonales…
Femmes en mutation. Révolution féministe des années 60, 70 qu’il accompagne. En regard d'homme.
KNAPP INVENTE LA FONCTION DA ! Directeur Artistique mais aussi sculpteur, illustrateur, peintre, photographe.
Hélène Lazareff le fait venir à ses côtés en 1959. Il entre à Elle comme DA d'un magazine féminin dont il va inventer une charte graphique en toute liberté avec pochoirs et tampons.
Il pratique les écritures dites"main libre" si modernes. Bien loin de l’école typographique suisse dont il ne se revendique pas (les Max Bill, Adrian Frütiger).Il supprime la règle du gabarit.
Au-delà du « journal de la femme que les hommes regardent » il va remodeler l'iconographie de la presse. Il quitte Elle en 1966.
L’expo de Penthes n’a rien omis du parcours complet.
Ni les Unes historiques de Elle ni les chemins de fer du magazine,ni le visionnage des vidéos [démarrées en 1965] des DIM(anches) de DAM(es) et D(h)OMmes.
Daisy de Galard, à la vieille ORTF. Dimdamdom : voyage dans le temps !
BILDERMACHER : QUESTION D’IMAGE
Peter Knapp innove sans cesse. Quittera Paris et la mode.Celui qui produit des clichés hyper construits va passer à carrément autre chose avec ses « Femmes griffées » telle « Brigitte 1989. » qu'il redessine sur pellicule en la rayant.
Il quittera finalement l'univers presse mode pour la sculpture et le reste.
La boucle se boucle. Après sa Nicole [avant/après] de 1965, non maquillée /maquillée, il termine avec les rondeurs enceintes de la cité calviniste.
A la question que j’eus la chance de pouvoir lui poser le 11 octobre dernier à savoir : de toutes ces propositions, quel type de femme qu’il préférait ? Sa réponse fut directe sans un seconde d’hésitation : assurément les dernières photographiées, les femmes nues. Donc naturelles.
Peter Knapp a accompagné l’esthétique du féminin dans ses mutations d’après- guerre.
Il fait des confidences dans un documentaire…Sa mère, chanteuse d'opérette amateur le réveillait parfois la nuit pour admirer les lumières artificielles des premières...pubs néon scintiller sur un lac helvète lorsqu’il était enfant. Cette mère: parfaite éducatrice à l’IMAGE.
"J'ai vite compris que j'ai une vision" avoue-t-il dans le docu qui lui est consacré "Knapp, faiseur d'image. L'art et la manière. Arte, Image et Compagnie"
Ses 101 ou 110 ou 20 000 regards, dans le fond, cherchent probablement à retrouver, revivre la douceur, l’intérêt de son instant magique personnel ?
C’est le sens de la dédicace qu’il laisse dans une incroyable simplicité et gentillesse en retour aimable à celle qui l’a photographié « Merci pour vos IMAGES »
Terminologie hyper révélatrice que ces "images" fixes, animées, construites, élaborées.
Mais jamais photographies de l’instantané, tel de reportage de presse.
L'IMPERFECTIONNISTE TOTALEMENT PERFECTIONNISTE !
Lors du débat fort intéressant de ce samedi 11 octobre- qu’il croisait avec la célèbre genevoise Barbara Polla, il confirma ne pas être un photographe qui capte l'instant fugace.Ni pouvoir l’être.
Peter Knapp élabore en réflexion son visuel. Celui des années dites de la "libération de la femme".
Perfectionniste, le photographe des Grisons maîtrise, pense, prépare sa création dans le moindre détail.
Malgré toute cette hyper préparation il se définit comme imperfectionniste.
Le premier, plein de certitudes sait où il va. "L'imperfectionniste lui ne va pas où l'on veut qu'il aille. J'aime ne pas trop savoir où je vais, confie-t-il !"
Il boucle également sa boucle en...rachetant certains tableaux de ses débuts pour les ...modifier, les transformer en triptyques par exemple ! Il n'aimait pas la manière dont ils avaient vieilli et les re-créér.
Démarche perfectionnitissime !
Sylvie Neidinger
crédit images/photos Neidinger