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rubrique santé blog neidinger

  • Ce que l'affaire de Kirby Evans, défiguré par un cancer, dit des USA

     Le fait divers récent de Walterboro (Caroline du Sud) fit l'objet d'un écho mondial. Un homme défiguré par un cancer n'a pu consommer tranquillement dans un resto. Eliminé manu militari par la gérante au motif qu'il effraye la clientèle.

    Elle l'aurait même tiré par la chemise dans son bureau. Et intimé l'ordre de cacher son visage.evans.PNG

     La  fille de Kirby Evans  en colère dénonça le dit-commerce.

    Elle explique que son père n'avait pu se payer de chirurgie reconstructrice.

    Cette histoire commence mal mais finit bien par une cagnotte solidaire pour permettre à l'individu de se soigner.

    Le story-telling avec l'argent récolté semble donner une morale positive à cette affaire sordide. Elle tient du registre de la solidarité autour d'un cas individuel personnalisé.

                   LECTURE POLITIQUE DE L'AFFAIRE EVANS

    Pourtant, un deuxième niveau de lecture s'impose, beaucoup plus politique !

    Jamais en Europe (UE,Suisse et autres ) on ne  pourrait croiser un homme en telle souffrance physique.

    Tout simplement parce qu'un cancer y est réparé jusqu'au bout, chirurgie réparatrice comprise. Une économie solidaire commune  européenne.

    Aux USA, pas d'équivalent en sécurité sociale.

    De facto ceux qui ne peuvent payer restent en marge, alors que la médecine pratiquée peut y être excellente.

    Une médecine de pointe non accessible à tous. Sinon par la charité, très protestante en fait.

    Kirby Evans, par son histoire  individuelle avec "happy end" va pouvoir se soigner.

    Mais  il est permis de se poser la question des inégalités sociales collectives en Amérique, obérant l'accès aux soins, au regard  de l'argent dépensé par ailleurs.

    Comme pour l'exemple de la semaine : la relance de la guerre nucléaire et son coût induit

     

                                                                Sylvie Neidinger

    #usa,#médecine,kirby evans,chirurgie reconstructrice,walterboro,caroline du sud

     

     

    crédit photo Sylvie Neidinger graffiti sur roche Cuves de Sassenage

  • Jacob Nufer: la première césarienne attestée sur femme vivante serait ...suisse!

    C'est l'histoire (assez originale)  de  Jacob Nufer   (Siegerhausen)  en 1500.

    Une anecdote racontée en 1581 par François Rousset qui publié alors son Traité sur l'enfantement qui pour la première fois en occident évoque la césarienne et illustre son propos par le cas d'une césarienne réussie.

     François Rousset (1531-1587), médecin du Duc de Nemours , publie le Traitte nouveau de l'Hysterotomotokie ou enfantement caesarien, qui est extraction de l’enfant par incision latérale du ventre et matrice de la femme grosse ne pouvant autrement accoucher, et ce sans préjudicier à la vie de l’un ny de l’autre, ny empescher la faecondité maternelle par après ».

    Rousset semble surtout  théoricien, n'ayant pas pratiqué l'acte lui-même.

    Attention on ne dit pas que cela fut la première césarienne de l'histoire de l'humanité. Impossible évidement à identifier. C'est la première attestée en occident sur femme VIVANTE.

    On ne sait ce qui se passait à la période préhistorique (avec silex..)...

    L'Antiquité s' empare du thème  avec  le  mythe Asclepios.siegerhausen,numa pompilius 1,césarienne,#suisse,jacob nufer,françois rousset

    Un texte romain évoquait la nécessité d"ouvrir le ventre d'une femme ...décédée en couches:

    (Je cite)."Il est difficile d'écrire un récit circonstancié de l’histoire de la césarienne. L’opération chirurgicale que nous connaissons aujourd’hui puise notamment ses racines dans les mythologies indo-européennes. Avant d’être un acte technique, elle est d'abord l’enjeu de réflexions sociétales, telles par exemple celles relatives à la Lex Regia édictée par Numa Pompilius 1, Roi Romain régnant de –715 à –673 avant JC et qui ordonnait que toute femme enceinte mourant subitement (en couches ou juste avant le terme), devait être césarisée dans l’espoir de sauver l’enfant s’il était encore en vie. Cette loi, selon Pline l'Ancien, a permis la survie de Scipion l'Africain, Général et homme d'état romain.

    La césarienne est également l'enjeu de réflexions religieuses et philosophiques. A l'époque médiévale, une grande question théologique est de déterminer le moment où le fœtus est digne de recevoir le baptême. La question peut étonner de nos jours, mais elle est très importante à cette époque ; en effet, toute personne non baptisée doit rejoindre les armées de Satan au moment du jugement dernier, alors que les êtres ayant reçu le baptême rejoignent celles de Dieu. La césarienne post-mortem devient donc au Moyen-âge un des moyens de baptiser le plus grand nombre de personnes possible."

                                                                 CHATREUR!

    L'histoire suisse vaut son pesant d'or. Le mari "chirurgien" est en fait châtreur de porcs de métier !!

    Derrière cette anecdote se lit une logique impeccable.

    Le profession qu'il exerce explique le geste qu'il ose pratiquer : 

    1) avec un outil tranchant 2) sur le vivant 3) avec implicitement des notions d'asepsie.

     

    (Je cite) "La première opération connue et réussie d'une césarienne sur femme vivante et ayant survécu, date de l'an 1500. Cette année-là, en Suisse, Jacob Nufer, châtreur de porcs, obtient de la magistrature locale l'autorisation d'opérer sa femme en travail depuis plusieurs jours et dont les médecins et « ventrières » (sages-femmes) consultés jugent impossible l'accouchement par voie naturelle. Plusieurs sources évoquent le succès de cette opération : non seulement son épouse survit, mais elle accouche plus tard à plusieurs reprises. A l'heure actuelle, il est possible de penser qu'il s'agissait d'un cas de grossesse abdominale, ce qui expliquerait la survie de cette femme et le fait qu'elle ait pu porter d'autres enfants, alors même que le « chirurgien » n'avait pas les connaissances médicales pour effectuer les sutures nécessaires à une telle intervention. Par ailleurs, de par son métier, Jacob Nufer devait être en mesure de prendre certaines précautions d'asepsie ayant pu éviter une infection post-opératoire."

    La période de la Renaissance était bien organisée.

    Jacob Nufer dut demander à une autorité administrative, la "magistrature locale" l'autorisation de pratiquer l'acte.

                                                                     Sylvie Neidinger

     

                                    RUBRIQUE SCIENCES-SANTE/MEDECINE

  • Hôpitaux en détresse, patients en danger

    L'hôpital public français est malade.

    L'affaire du décès de la jeune femme mourante qui appela en vain  le Samu de Strasbourget se voit répondre que "l'on va tous mourir" en rajoute, avec un grand non dit supposé mais pas forcément réel autour d'un potentiel traitement différencié de cette jeune femme d'origine africaine. Elle meurt 5 heures plus tard. L'IGAS enquête sur cette affaire choquante. La justice est saisie.administration médicale malade médecine,chu,burn-out,samu,omerta

    L'hôpital semble être le microcosme d'un (dys)fonctionnement général.

    L'opératrice du Samu a commis une grave faute professionnelle ne passant pas l'appel au médecin régulateur qui seul pouvait juger d'envoyer ou non des secours.

    A savoir, bémol,  le Samu, les Urgences sont souvent saturés.  Le Samu recevant des appels totalement farfelus et les urgences des personnes ne relevant pas de l'urgence. Voilà pour l'externe.

    En interne, l'hôpital français va mal.

    Une administration interne froide  manage ce service public.

    Les directeurs des Agences régionale de la Santé ont plus de pouvoir que les  ministres. Pour autant comme "administrateurs" ils ne rendent pas compte  puisque n'étant que des "administratifs". Ce pouvoir... caché n'est pas très démocratique !

    Une administration malade surtout suivant certains.

    La tarification à l'acte qui intervient en 2009 ( Loi Bachelot) génère ce que certains salariés vont nommer une violence institutionnelle: 

    "Parmi les victimes de cette « recherche du profit », les praticiens hospitaliers. Ou du moins certains d’entre eux, pour qui l’hôpital, leur outil de travail, est devenu un lieu de souffrance, parfois jusqu’à s’en donner la mort. De Paris à Grenoble, de Toulouse à Besançon, l’ouvrage ébauche une carte de France des situations où, ces dernières années, des médecins ont perdu pied face aux injonctions de l’administration, victimes de « harcèlement moral »."

    Le personnel subit.

    Pressions. Pressions et encore pressions.

    Les burn-out sont légions. Gâchis. On a même retrouvé un étudiant en 7ème année de médecine, démissionnaire, cuistot en station de ski. Les abandons sont pléthore.

    Moindre mal que de quitter la médecine plutôt que se supprimer. 

    Un livre, Hôpitaux en détresse a tiré le premier la sonnette d'alarme: le personnel se suicide sur le lieu de travail suite à des soucis professionnels.

    Le professeur  cardiologue Jean-Louis Mégnien "placardisé"s'était défenestré à l'hôpital Georges Pompidou le 17 décembre 2015. Décès qui cause un électrochoc dans toute la profession.

    La liste continue. Une jeune interne récemment à Paris.

     Ceux qui alertent ne sont pas pris au sérieux. Tel le   professeur Christian Marescaux dont la parole fut niée, négativée par son autorité de tutelle. Il fut même écarté. L'administration ayant osé porter plainte contre lui. La  justice n'a pas suivi déclarant la plainte irrecevable. Celui-ci, imperturbable continue a rassembler les témoignages. Et parle de "gouvernance légale toxique". Un ouvrage est donc publié. 

    Une alarme. Un réquisitoire contre loi bachelot 2009 qui donne les clefs de l'hôpital aux directeurs-manageurs. alors que l'administration hospitalière n'a pas reçu de  formation managériale.

     

                               MALTRAITANCE disent-ils

     

    « Dans le milieu hospitalier, le harcèlement a été utilisé, consciemment ou non, comme technique de management », dénoncent les auteurs. Pour eux, les règles instaurées il y a une dizaine d’années, dans la foulée de la tarification à l’activité, ont contribué à mettre en place dans cet univers consacré au soin une « maltraitance institutionnelle » qui a longtemps été passée sous silence."

    Une gouvernance administrative  toxique.

    Le CHU de Grenoble est lui entré en colère froide suite au suicide d'un neuro-chirurgien  sur son lieu de travail .

    La direction est mise en cause. Le management y est accusé d'être déshumaniséLa froide administration perd du terrain face aux t. émoignages outrés qui remontent.

    Mais au fait, qui sont ces "lanceurs d'alerte" qui ont réalisé le film ?

    "Le documentaire consacré au CHU de Grenoble fait partie d'une série baptisée "Hôpital à la dérive", lit-on sur la page facebook de Caroline Chaumet, l'une des 2 réalisatrices. Cette dernière est la fondatrice de l'association Passeur d'Alertes (ex murdesinsoumis), un média dédié aux lanceurs d'alerte. Le film a quant à lui été financé par des donateurs en ligne sur la plaeforme de crowdfunding Ulule."administration médicale malade médecine,chu,burn-out,samu,omerta

     Le documentaire  CHU de Grenoble : la fin de l'omerta   est mis en ligne par les lanceurs d'alerte.

    (cliquer sur le site web  FR3)

    C'est la fin de l'omerta dans tous les hôpitaux de France.

    Désormais les dysfonctionnements administratifs sont de notoriété publique.

    Les données sont désormais  sur la table (d'opération ). Et ensuite ?

                                                                                          Sylvie Neidinger

     

    Hôpitaux en détresse, patients en danger », sous la direction de Philippe Halimi et Christian Marescaux, avec Eric Maitrot et Brnard Nicolas, Flammarion.

     

                                    RUBRIQUE SCIENCES-SANTE/MEDECINE

     

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