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  • La Suisse que souhaite Micheline Calmy-Rey

    Le Forum Suisse de Politique Internationale (FSPI) et le Musée des Suisses dans le monde (MSM) accueillaient vendredi 28 février  dernier (2014) MCR, cette éminente suissesse lors d' un déjeuner-débat donné à Penthes dans le cadre de ses réunions mensuelles.micheline calmy-rey 001.jpg

    Micheline Calmy-Rey,  actuellement Professeur au Global Institute de l'Université de Genève, bien évidemment Présidente de la Confédération Suisse (2007 et 2011) après avoir été conseillère et chef du Département Fédéral des Affaires Etrangères (2003-2011) venait présenter son récent ouvrage dans un contexte politique helvète particulier : le "post-votation du 9 février."


    CONTEXTE  9-FEVRIERISTE

    Après les mots de bienvenue spirituels de l'Ambassadeur de Suisse Luzius Wasescha, qui la présenta sous son célèbre acronyme MCR,  la Présidente  introduisait la séance  sur le même registre par un tonitruant et remarqué "Mesdames, Messieurs les immigrés de masse" adressé à la salle composée de diplomates, universitaires, humanitaires, financiers etc.

    S'ensuivit  un discours ultra-structuré, brillant. Il reprenait en partie le dernier chapitre du livre qu'elle vient de sortir aux Editions Favre de Lausanne: " La Suisse que je souhaite".

    DSCN0605.JPG Nota-Les membres du Forum FSPI -dont le siège est à Genève -se rencontrent régulièrement pour réfléchir à l'évolution du monde, aux rapports intergouvernementaux et bilatéraux.

    Ce Cercle avec ses débats éclairés par des témoins de premier plan se trouvait réellement ce vendredi aux premières loges de l'actu ! Dommage que ces séances ne soient pas enregistrées...

     

    "NOUS SOMMES ENFANTS DE ROUSSEAU"

    A sa propre question"Pourquoi la Suisse est-elle  si méfiante en matière de politique étrangère ?" MCR a  proposé deux réponses:

    1- La Suisse développe un concept international général qui repose sur ses particularités " Nous sommes enfants de Rousseau !" rappelle-t-elle. Les particularités viennent quelquefois en contradictions avec les intérêts supérieurs du  mode fédéraliste.

    2-Sa  neutralité  depuis 1647. Un atout qui peut toutefois peser car "dans le monde globalisé actuel, l’isolement ne permet pas toujours de résoudre les problèmes"

    Le pays, trop souvent discret, a intérêt selon elle  à renforcer sa présence dans le monde international pour une meilleure efficacité.

    Son ouvrage donne  des éclairages concrets  de son  propre passé politique   récent à la tête de la Confédération (avec par exemple un chapitre  intitulé: Téhéran ou la photo avec un voile) Mais pas seulement...

    Cette fille de Rousseau propose un  Contrat social.

    Sa vision à la première personne du singulier  rédigée en août 2013 entre en direct dans l'actualité helvète de ce début d'année 2014 si mouvementé, avec la votation immigration:"Un sentiment  de crise morale, d'indifférence, comme une grande désillusion domine (...) La Suisse est à la croisée des chemins"(p 204)

    Sa solution: l'ouverture à l'UE. "La Suisse ne gagne pas à un jeu dominé par les rapports de force. Elle a donc intérêt à développer ses engagements à la fois bi et multilatéraux. Dans un tel contexte, la neutralité est un atout (...), facilitée par la réputation de négociatrice honnête de la Suisse."(p 206)

    Un tel positionnement implique de ne pas favoriser l'un ou l'autre.

    "Convient-il dès lors de mener une politique étrangère propre ?" se demande-t-elle. "J'ai eu de la peine à faire comprendre aux Suisses les avantages d'une politique étrangère à la marge de l'Union Européenne. (..) Faut-il choisir d'être composante d'un ensemble plus grand et plus compétitif ? ( p207) Autrement dit nous abriter sous le parapluie de la grande Union Européenne? Négocier une adhésion qui pourrait être assortie d'exceptions concernant la neutralité, la monnaie, les service publics ou le marché du travail ?".

    Auquel cas la Suisse s'assurerait une "influence sur toutes les décisions de l'Union, le meilleur accès au grand marché pour ses entreprises et pourrait faire valoir son habileté diplomatique dans un cadre élargi".

     UE: DANS...46 ANS !?

    Elle même en est convaincue mais sait nombre de ses  concitoyens pas encore prêts.

    Un intervenant fit remarquer avec humour  que, entre la date de création de l'Onu et l'entrée de la Suisse à cet organisme en 2002, il s'est passé... 46 ans. On peut imaginer un tel scénario pour l'UE.Ou jamais ?micheline calmy-rey,editions favre,la suisse que je souhaite,mcr,9 février,suisse,ue,christoph blocher,fspi,musée des suisses dans le monde,forum suisse de politique internationale

    Micheline Clamy-Rey en tous cas donne de sa personne pour ses convictions. Elle évoqua à Penthes un récent duel à la télévision alémanique avec Christophe Blocher avec qui  elle a ferraillé sec sur des bases radicalement  opposées dans l'émission bien nommée Arena.

    On la cite lors de ce débat du 21 février à l'attention de son adversaire:«Vous êtes énervé car la Suisse romande ne ressemble pas à ce que vous voulez! Vous voulez renvoyer les étrangers et maintenant vous voulez renvoyer les Romands», a commenté la Genevoise sans langue de bois. ( média SRF)

    Style direct et franc. Toujours si calme.

    MCR dit recevoir de temps en temps  quelques lettres d'insultes lui demandant d'...habiter à Bruxelles ! Et dans le même temps des courriers d'encouragement.

    Elle prône une Suisse ouverte. Un combat difficile pour ce peuple libre dans ses montagnes et ses lacs. Elle le sait.micheline calmy-rey,journée de la femme,editions favre,la suisse que je souhaite,mcr,9 février,suisse,ue,christoph blocher,fspi,musée des suisses dans le monde,forum suisse de politique internationale

     Anselme Zurfluh, Directeur du Musée des Suisses dans le Monde- ce véritable ...repaire genevois  d'historiens!-  clôtura ainsi  la séance à son égard: "Madame, l'objet de votre livre est l'objet de notre institution"

    En cette journée de la Femme, on admire cette Suissesse du Monde pour la netteté et la force de ses convictions. Engagée et indépendante d'esprit.

                                                                       Sylvie Neidinger

     

    La Suisse que je souhaite. Micheline Calmy-Rey. Préface de Romaine Jean Editions Favre isbn 9782828913182

     

     Rubrique Femme en Une ( 8 mars et autre)

    8 mars 2015-Henriette d'Angeville, pionnière du Mont Blanc, première alpiniste

    8 mars 2014- La Suisse que souhaite Micheline Calmy-Rey

     

    Crédits images/photo Neidinger+capture écran +scann face livre

     

  • Haute Savoie, histoires d'entreprises

    Roger Bonazzi, ancien directeur de la Chambre de Commerce et d'Industrie publie un ouvrage d'histoire économique:roger bonazzi,med,haute-savoie,histoire économique,cci

    "Vie économique et histoire des entreprises de Haute-Savoie de 1815 à 2012"

    Le département n'est pas voué uniquement au ski et au tourisme !

    L'ouvrage publié par la Salévienne, et Société savoisienne d'histoire et d'archéologie  est intéressant pour les nombreuses monographies rédigée par l'ancien directeur de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Haute-Savoie.

    En effet, 150 sociétés environ sont présentées: de Marcel Fournier, inventeur de Carrefour devenu N°2 mondial des supermarchés derrière Wal-Mart...

    ...aux produits de luxe ST Dupont, Altran etc...

    Des familles et des capitaines d'industries derrière les noms de marques connues...

    M Bonazzi présentait hier son ouvrage à Annemasse dans le cadre des Déjeuners de la MED ( Maison de l'Economie et du développement)

    En fin de séance, en off, il regrettait de ne pas avoir parlé de toutes les entreprises possibles. Pour cela il lui fallait une version web plutôt que papier!

    Son portrait de sociétés leader fait déjà presque 500 pages...

    Dans les discussions sur les liens économiques  entre le département et  Genève: il a été conclu qu'elle est depuis toujours la grande métropole...régionale.

                                                               Sylvie Neidinger

     "Vie économique et histoire des entreprises de Haute-Savoie de 1815 à 2012" Roger Bonazzi. ISBN  9782850920257

    Rens : La Salévienne

  • 175 ans de la SHAG: historissimo !

    La vénérable Société d'Histoire et d'archéologie de Genève fête dignement son siècle trois quarts.

    Avec comme gâteau une Exposition  de documents visible aux Archives d'Etat jusqu'au 20 décembre prochain. Et pour cerise...le récent colloque intitulé: " L'historien  et l'archéologue dans la cité " (15-16 novembre)

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatJ'ai pu assister à la première journée du colloque  (dommage pour la seconde...)

    Le vocabulaire culinaire semble inadéquat: il  faut parler de polyphonie  plutôt !

    Une séance introduite par Pierre Flückiger des Archives d'Etat.

    L'Histoire abordée sous toutes ses coutures. Une formidable  pluralité d'approches.

    Tout d'abord, la SHAG se raconte elle-même (ses fondateurs, ses manques de locaux, ses statuts...) avec  les exposés  de Françoise Dubosson -qui indique comment un petit groupe se réunit autour d'Henri Boissier en mars 1838. Puis celui  de Sarah Scholl  laquelle a étudié les procès verbaux de  jubilés.

    Force de constater combien les membres d'origine  se divisaient en deux visions: l'une calviniste classique et l'autre école dite  "vieille genevoise" avec les J.B.G.Galiffe (des généalogistes) et autres anticalviniens.

    Bernard Lescaze replace tous ces courants  de pensée et resitue le radicalisme. Il évoque Henry Fazy, historien, archiviste et conseiller d'Etat.

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     L'aide "technique"structurante  de l'historien et archéologue  normand Arcisse de Caumont en direction de la SHAG  fut citée. Mais pas seulement.

    Furent abordées les relations avec les autres sociétés savantes helvètes.

    L'exposé de Irène Hermann  retraçait les interactions entre sociétés savantes suisses après la guerre du Sonderbund: pas si simple, pas si connectées entre elles en vérité!

    HOMMAGE AU PRESQUE CENTENAIRE QUI PUBLIE TOUJOURS: PAUL GUICHONNET

    Ce vendredi 15 novembre, le temps avait  une épaisseur de siècle clairement  mesurable.

    Vertige. Puisque qu'un hommage verbal fut prononcé par Jean-Daniel Candaux ( président de séance  très en verve) en direction du fils de Louis Blondel  (1885-1967) très âgé mais  assistant au colloque. Son père dirigea en 1913 le service du"Vieux-Genève"après des études à Genève, Paris et Munich.

    Nombreux historiens présents dans la salle ont d'ailleurs  évoqué dans les discussions leurs anciens professeurs à l'Université de Genève: hommage à la recherche universitaire.

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatL' approche mémorielle a été complétée par un hommage - vivant donc vibrant cette fois- pour le bientôt centenaire Paul Guichonnet qui publie toujours.

    Magnifique paradoxe de Genève qui  sait toujours privilégier la compétence au besoin et suivant les circonstances.

    Elle   installa tout de même à la tête de la SHAG, haut lieu de son historiographie  locale majoritairement protestante cet érudit ...savoyard !shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    ARCHEOLOGIE=L'HISTOIRE EN COUCHES!

    Dans l'après-midi  sont intervenus les archéologues, ces historiens  du concret.

    Spécialistes de "l'Histoire en couches", celle à  faire  "naître à la Science"  par les méthodologies de la fouille et des reconstitutions des données enfouies.

    Deux archéologues  de terrain ont pris la parole sans note aucune. Pierre Corboud retrace la naissance de la matière historique nommée"archéologie genevoise"de 1833 à 1920. L'exceptionnel  harpon préhistorique sculpté du Salève et les palafittes

    Il précise comment se met en place au coeur du XIXème siècle une nouvelle science de l'histoire: la paléo-archéologie autour du lac de Neufchatel puis des autres lacs dont le Léman.shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    Et comment s'invente- en se nourrissant des données archéologiques- une symbolique nationale voire nationaliste autour du "suisse lacustre". Cet ancêtre, monté en mythe historique, que les peintres de l'époque ré-imaginent même.

    La belle affaire: le lacustre helvète proto-historique avait  le mérite de n'être ni catholique, ni protestant, ni germanophone ni francophone !

    Une perfection théorique pour une Unité politique nationale en voie de construction..

    Rapidement,  ce concept d'ancêtre commun fondateur et reconnu par tous sera vite abandonné au fond des eaux de la théorie...Il connut tout de même son heure de gloire.

    AVENIR DE SAINT ANTOINE?

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatMarc-André Haldimann et Jean Terrier ont évoqué les chantiers en cours à Genève:shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    -Rappel des premières fouilles du gallo-romaines du XIXème siècle   gravement destructrices, les méthodes archéologiques n'étant pas encore adoptées.D'ailleurs, on ne sait même pas où sont aujourd'hui  les amphores alors découvertes. Perdues, carrément !

    -Description de  l'immense chantier actuel du quartier Saint-Antoine qui permet une étude  scientifique toute facilitée par les techniques modernes. Très intéressant d'observer  l'appropriation par les genevois de leur propre passé puisque quelques uns  expriment déjà  le souhait de conserver les découvertes archéologiques en l'état.

    Oui, certes. Mais en quel état justement ? A quelles couches temporelle poser le curseur?

    Rappel: l'archéologue est un "historien fou" puisqu'il détruit son champ d'expérimentation au fur et à mesure qu'il ne l'étudie !

    shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etatTrès très proche-oriental  ce fonctionnement inhérent à  l'archéologie:  un peu Chronos qui mange ses enfants ou alors  Phénix qui s'auto-consume pour mieux ...renaitre.

    L'archéologue cet historien paradoxal est réellement obligé de détruire au fur et à mesure son champ expérimental pour l'analyser.

    Il procède à des choix de vie et de mort. Conserver ou détruire.

    Politiquement, Genève est aujourd'hui devant ses propres choix dans le quartier Saint-Antoine: Conserver ? Que conserver ?

    Comment détruire pour reconstruire? Les problématiques historiques sont toujours des enjeux contemporains de société.

     Le colloque dans sa richesse  a également porté sa réflexion sur d'autres facettes: la théorie générale de l'histoire.

    Ainsi fut abordée la mode  des années 80 (ouverture vers les sciences sociales, pluri-disciplinarité)   autour du concept de  l'histoire en miettes, voire de la "fin" de l'histoire (carrément !) Une vue de l'esprit plutôt que parole d'historien, semble-t-il. Une fausse crise de la discipline...

    "Dépasser les apories du localisme"..."Faire varier le jeu d'échelle selon l'objet soumis à l'analyse"...

    On conclue avec  le concept  de "variation d'échelle" indiqué  par Marco Cicchini, organisateur, dans son ...introduction.

    Ou comment l'histoire de Genève -somme toute celle d'une ville modeste en population au XIXème siècle - s'aborde aussi  dans le cadre d'une  l'Histoire plus large (helvète, européenne etc.)  Il indique alors que c'est une question  de  ligne de crêts...

    Crêts Baudet, assurément !

                                                                                                              Sylvie Neidinger

     

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    Lire : Histoire de savoirs: 175 ans d'histoire et d'archéologie à Genève. shag,geneve,société historique et archéologique de geneve,archives d'etat

    Catalogue de l'expo de la SHAG, visible aux Archives d'Etat de Genève jusqu'au 20 décembre.

    Dernière nouvelle: expo prolongée jusqu'en avril 2014

    Archives d'Etat de Genève


    Rue de l'Hôtel-de-Ville 1
    Case postale 3964
    CH-1211 Genève 3

    Dernière nouvelle ( mai 2014) les données de l'expo sont disponibles en ligne

     

     

  • Etienne Dumont, critique d'art-oeuvre d'art

    Etienne Dumont est connu comme le loup blanc à Genève. Mais pas tellement au delà, finalement. etienne dumont,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan

    Alors qu'il est l'un des hommes les plus transformés de la planète. Peut-être unique à ce niveau de tatouages. Il est journaliste.

    Cette chronique concerne l'homme public. Le privé, je ne le connais pas. La vie privée n'aurait d'ailleurs pas lieu d'être sur un blog.

    Nous avions croisé nos chemins une seule fois à Penthes (GV) en 2012 à propos de l'expo Corto Maltese. Il portait son petit bonnet. Peu loquace...(sa photo de blog ici : phase du noir) Lui, rédigeant un article de presse: Marco d' Anna sur les traces de Corto Maltese

    Moi un  article de blog: Marco d'Anna en escale à Penthes   et   Corto Maltese refuse de quitter Genève

    Etienne Dumont  est brillant rédacteur. Mais à la dent (trop)  dure parfois. Sur le terrain genevois et vaudois, certains éditeurs ou galeries d'art m'ont  dit être  encore   marqués par ses écrits  à leur encontre, en positif comme en négatif. Je n'ai les ai pas tous  lus et ne peux me prononcer. Sa plume hyper acérée en excède plus d'un.(article TDG 2017)

    A savoir, la Presse  n'est pas Communication! Le chroniqueur est bien  dans son rôle en tant que...critique. Nuance toutefois. Qu'un  journaliste n'apprécie pas une oeuvre  ne signifie pas du tout  que cette dernière soit "nulle"! Derrière une expo, un éditeur,  il y a de l'humain. Des personnes qui se sont données autour d'un projet. Et qui n'apprécient pas que deux coups de cuillère à pot  de plume ne  ternissent leur travail.etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan

      Car, problème: l'écrit reste ! Il est ultra puissant. A l'heure des moteurs de recherche, les articles ne meurent pas. D'où ces sentiments mitigés toujours actifs longtemps après les parutions.

    CRITIQUE CULTURELLE: LA DIFFERENCE PRESSE /BLOG

    Ici s'expose  toute la problématique de la critique du culturel. Car le journaliste est justement rémunéré pour s'exprimer en positif et aussi en... négatif. C'est son travail. Quelque part, son analyse  engage celle de  sa Rédaction dans le lien de subordination qui le lie à son employeur. Laquelle en retour le protège.

    Le blog lui ne fonctionne pas ainsi. Pas de mécanisme économique.  Le blogueur opère individuellement ses choix. Sur ce #BlogSylvieNeidinger par exemple, j 'ai choisi   cette option pour les données culturelles: "je n'aime pas donc je n'en parle pas" L'activité blog est non rémunératrice, chronophage. Pas de temps à perdre à démolir...car déjà pas le temps de coucher sur écran la dizaine  d'articles déjà pré-rédigés en tête. Ce qui n'empêche pas au besoin évidemment une critique. Mais pas de celle qui laisse l'autre cloué au tapis médiatique.

    Presse et blogosphère sont deux planètes si proches et si  différentes: pas toujours comparables!

    I- Etienne Dumont,  chroniqueur culturel:

    On ne le lit  plus  sur la Tribune. Idem, son blog TDG  est inactif. Sa dernière chronique fut rédigée le 7 mai dernier (cf 2013). "Tout a une fin" écrit-il sans en préciser les raisons.

    Il exerce désormais à Bilan.chetienne dumont,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilanetienne dumont,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan

     

     

     

     

     

     

     

     Ici sa photo professionnelle, sur le site de presse Bilan. Drôle d'indien, étonnant journaliste. Peu habituel.

    Il publie le 22 mai 2023 un bilan décennal de ses 6000 chroniques et de son métier de journaliste critique d'art. où il présente d'ailleurs son métier de façon décalée avec autodérision quelque peu péjorative "Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la «Tribune de Genève», en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler"(Bilan)

     II Etienne Dumont oeuvre d'art

    etienne dumont,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan L' homme  est probablement le plus tatoué de la terre (exploit)   et  oeuvre d'art, lui-même!  Il  s'est  exprimé publiquement en 2009 sur son  processus de transformation démarré par un aigle et une croix, soit, du basique,  pour arriver au résultat sophistiqué que l'on connait aujourd'hui.

    Avec un  graphisme ethnique très sphère culturelle océan pacifique pour le visage  (Maori?) et Japonisant pour le thorax. Et plus encore.

    Son être est devenu champ expérimental. Le blanc par exemple ne tient pas sur la peau, il vire au jaunasse "sale" selon lui. Il quitte donc le blanc/noir pour le ...rouge.

    Le critique professionnel  témoigne sur le site d'une certaine Annette Giard en février 2009 (textes en bleu):
    "j’avais vu au Musée d’Orsay, lors de l’exposition sur les moulages, le buste en plâtre d’un Néo-Zélandais, au visage couvert d’incisions soulignées d’encre. Longtemps, j’ai pensé à cette chose, sur ma table de nuit imaginaire, puis j’ai téléphoné à Dominique Lang [son tatoueur] : “On le fait.” Il n’était pas chaud. On l’a fait, en couleur. Ça m'embêtait d’avoir de la couleur sur le corps et la tête en noir et blanc, c’est comme si j’étais deux personnes. Alors on a tout refait en couleur. Ça a pris 10 mois, en tâtonnant. Il se passait toutes sortes de choses bizarres pendant les séances. Quand il plantait son aiguille dans les ailes de mon nez, par exemple, ça déclenchait des éternuements. Il fallait s’interrompre toutes les 10 secondes.

    Il a offert son corps  jusqu'à la nudité au regard public en 2009 par  une expo  de photos. (article Libé) Il fêtait ses 60 ans.

    Mais sans donner d'explication verbale véritable. Le cliché plus haut le présente en mode avant/après. Depuis son visage s'est encore complexifié.

    Après tout, face à une oeuvre, le spectateur de la photo ou de la toile doit lui-même se poser la question du pourquoi. L'Art sert bien à cela...L'artiste n'a pas à verbaliser ses choix !

    Silence d' Etienne Dumont  sur les motivations du recouvrement presque complet de ses cm de peau.(dont la superficie se calcule par une formule dite de Dubois qui daterait de 1916 en fonction du poids et de la taille.)

    La peau cet épithélium de revêtement,  résistant à l'abrasion et la dessication par sa couche cornée, cette enveloppe humaine,  peut atteindre 2 mètres suivant les individus.

    Le genevois   reste fondamentalement  silencieux sur les motifs de cet acte de transformisme majeur. Est-ce une barrière de protection?  Un outil de provocation? A-t-il des soucis médicaux autres que la nécrose qu'il avait signalée à propos de sa corne de par le recouvrement complet? Son témoignage sur les réactions qu'il engendre, en Suisse, à Paris ou dans les pays qu'il visite?  Quid des passages en douanes? Les enfants le prennent-ils pour un personnage de BD vivant lorsqu'ils le rencontrent ? Un extra-terrestre? 

    Quel est le lien entre l'encre de la plume du journaliste, l'encre du tatouage et l'ancre symbolique si présente chez les  tatoués? Que pense-t-il de la notion de trace culturelle ? Narcissisme ? Auto mutilation symbolique? Ou au contraire hyper-valorisation de l'ego ?

    450 HEURES DE TATOUAGE SUR 15 ANS

    etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilanExpérimentation corporelle qui le fait éternuer, tousser suivant les emplacements lors des  longues séances...

    Définition de tatouage sur wiki :Le mot vient du tahitien tatau, qui signifie marquer, dessiner ou frapper et dérive de l'expression « Ta-atouas ». La racine du mot, ta signifie « dessin » et atua signifie « esprit, dieu ». Le docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772, employa pour la première fois le mot tattoo ; le mot sera francisé en « tatouage» à la fin des années 1700. Il est d'abord introduit dans le Dictionnaire de l'Académie française en 1798, puis dans la première édition du dictionnaire de Littré en 1863

    Au Japon, le tatouage traditionnel pratiqué à la main est appelé irezumi (入れ墨 ou 入墨, irezumi, littéralement « insertion d'encre ») le terme plus général pour désigner le tatouage est horimono (彫り物 ou 彫物, horimono, littéralement « sculpture »

    (suite- A Giard):"Il est recouvert d’encre de la tête au pied, à la seule exception des paupières, des parties génitales, de l’anus et de la paume des mains et des pieds. Etienne Dumont porte en outre, sous la lèvre, une sorte de hublot qui montre la racine de ses dents et ses gencives. etienne dumont,critique culturelle,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilanSes oreilles sont ornées de gigantesques disques, pareilles à des décorations primitives. Il s’est fait implanter deux gros anneaux de métal qui apparaissent en relief sur le dos de ses mains. Au-dessus du front, un pédoncule semblable à un oeil globuleux d’extra-terrestre pointe comme une antenne. A l’origine, il avait deux “cornes” sur la tête. Une nécrose foudroyante l’a obligé à se débarrasser de celle de droite. Ce qui l’énerve : il aurait voulu être symétrique. Mais les lois du corps n’ont rien à voir avec l’ordre et la raison.

    etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilanJ’ai appris avec ces modifications qu’il ne fallait pas avoir de plan pré-établi, dit -il. C’est peut-être la principale leçon qu’il y a à retirer d’une telle démarche. Il faut accepter d’avoir la partie droite du corps moins bien irriguée (c’est le cas pour la majorité des gens), donc moins apte à subir des modifications extrêmes. Dans le lobe de mon oreille gauche, je porte un disque de 7 cm de diamètre. Le disque de droite fait seulement 4 cm. Sur le visage, je porte un tatouage qu’il a fallu rendre dissymétrique pour qu’il ait l’air symétrique : il y a plus de lignes d’un côté que de l’autre, mais ça ne se voit pas justement. Il faut donc tricher avec les parties droites et gauches du corps. Mettre au point des illusions d’optique. J’ai l’impression d’avoir passé des années à assembler un puzzle.

    etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilanVéritable oeuvre d'art que son corps puisque les tatouages sont pensés en ...illusion d'optique! En puzzle. Avec tous  ces accessoires étonnant incrustés : cornes,  piercings,  labret...

    UNE TABLE DE NUIT IMAGINAIRE COMPOSEE

    "Bien que son corps ne corresponde pas à un projet artistique global ni prémédité, Etienne Dumont en est plutôt heureux. Je l’ai fait comme quand on se promène dans un pâtisserie, explique-t-il. J’ai dit : “donnez-moi ça, et ça, et ça”. Il y a du tribal, du cyber, des estampes d’Hokusai (sur la cuisse droite, ça représente un viol, un monsieur agresse une dame, mais je l’ai choisi juste pour l’harmonie des couleurs et des volumes). Il y a aussi des crânes inspirés par des natures mortes hollandaises, des pivoines et des chrysanthèmes… On a essayé d’harmoniser le tout. Je n’attache aucun sens particulier à ces images. Il n’y a pas de symbolisme. Je n’ai fait tout ça que pour le plaisir. Et je ne me croyais pas capable d’aller jusqu’au bout. Vous savez, quand on dit aux gens : “Ce corps, c’est 450 heures de tatouages répartis sur 15 ans”, ils reculent devant ce que cela représente. Moi aussi, j’aurais reculé.

    Il se défend d’accorder à son corps une autre valeur que celle de simple support à des expériences, il  avoue quil y a quelque chose de la parade amoureuse dans ce déploiement de couleurs et de formes outrancières. “Quand on est dans mon état, on n’entre plus quelque part, dit-il. On fait une entrée. Je ne peux plus la jouer modeste maintenant. Alors j’y vais. Et j’essaye d’avoir le bon mot."etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan

    ETIENNE DUMONT DEVIENT  UN INCROYABLE CHAMPS D'EXPERIMENTATION DE LA PEAU SOCIALE.

    Comme critique d'art et de culture il tire des observations de son état:

    "Parfois, quand des hommes me regardent, je me demande s’ils ne sont pas intéressés par moi. Il y a une ambiguïté. Mais souvent, non, ils ne me draguent pas. Ils sont juste curieux. Parfois, j’oublie mon apparence. Je n’y pense pas vraiment. Je vis avec. Parfois, j’ai l’impression d’être dédoublé. Il y a mon corps et moi derrière. C’est comme un jeu de cache-cache.” Dans la rue, ceux qui réagissent mal sont généralement des immigrés, des gens qui essayent de s’intégrer et qui trouvent choquant de vouloir sortir de la norme. En revanche, les vieilles personnes sont toujours complices. Elles approuvent. “Comme les vieux se sentent exclus, ils font preuve d’empathie avec ceux qu’ils pensent dans les marges, explique t-il.

    Etienne Dumont induit par son apparence choisie des questionnements fondamentaux sur le normal et l'anormalité humaine. Le "choc culturel" proposé par  le journaliste tatoué, portant labret et cornes intégrées est un acte de création, de réflexion théorique, sociologique  proprement extraordinaire.

    Il se joue du social, sans visiblement en souffrir. Plus intellectuelle comme action tu meures ! Ou plus inconsciente? etienne dumont,social,hukuzai,irezumi,peau,formule de dubois,tatouages,corto maltese,critique d'art,oeuvre d'art,geneve,tdg,bilan

    A se demander même  si son intellect dirige réellement les opérations ?

    Ou si cette orientation vers ce dédoublement entre l'interne- la peau frontière et le monde extérieur se fait à son corps défendant ou non....

    Etienne Dumont a créé un  puzzle, un labyrinthe si compliqué. Déroutant, déstabilisant pour le "voyeur" par lui sollicité de facto. C'est à dire nous tous, le champs social.

    Tatouage ultra sophistiqué. Probablement destiné à  perdre le regard de  celui ou celle qui ose poser son oeil sur lui pour l'introspecter. Dans un magistral mécanisme de défense ?  

    Comme une peau-paratonnerre ?

    Ou bien parade amoureuse du paon ou autre oiseau rare, en magnifique plumage rouge? 

    Ou les deux dans un "double-je" ? Double jeu avec le regard de l'Autre à qui il impose impérativement d'être en position de voyeur! Définitivement.

                                        Sylvie Neidinger

     

     

    Article révisé en octobre 2023. Liens  obsolètes éliminés 

    Etienne Dumont, critique d'art-oeuvre d'art - Le Blog de Sylvie Neidinger (blogspirit.com)

  • Overdose chimiques sur textile d'enfants selon WECF.

    Stop à l'overdose chimique !  

    WECF basée à Annemasse informe  dans son dernier communiqué de presse et surtout dans sa toute dernière publication: woman.GIF

    "L’Europe les consomme à un rythme effréné, puisque le marché du textile enfant y pèse pas moins de 28
    milliards d’euros. Le modèle textile a pourtant grand besoin de faire peau neuve. A des conditions
    de travail inhumaines, mises en lumière par l’effondrement du Rana Plaza (Bengladesh) en avril
    dernier, s’ajoute une contamination globale de la chaine textile par des substances chimiques
    dangereuses. Sur les quelques 1900 substances chimiques qui seraient WECF, overdose chimiqueutilisées par le secteur, seules
    165 sont classées en termes de dangerosité2. Qu’en est-il des autres ? Alors que la présence de
    substances chimiques dangereuses dans les produits de consommation est un sujet de préoccupation
    majeur des Européens3.

    WECF propose un rapport complet, sa synthèse et un guide de poche pour
    faire le point sur les contaminants présents notamment dans les textiles enfants, qui exposent une
    population particulièrement vulnérable. Avec en prime l’interview d’une designer textile.

    Rapport complet publié sur Nesting

    Phtalates, retardateurs de flamme et quelques découvertes.

    Le formaldéhyde serait  réglementé plus sévèrement dans les textiles en Chine qu’en France !

     Selon le document récemment mis à disposition par WECF :"on prétend souvent que les réglementations chinoises sont systématiquement en-deçà de la réglementation européenne. Or, pour le formaldéhyde, un irritant notoire des voies respiratoires et sensibilisant cutané, classé cancérigène par l’OMS, la Chine prévoit comme la France une limitation maximale de 20 ppm dans les textiles pour bébés et nourrissons, et limite à 75 ppm sa présence dans les produits entrant en contact direct avec la peau… là où la France fixe un seuil de 100 ppm. La France agit cependant au niveau européen pour obtenir la classification du formaldéhyde comme cancérogène certain, et ainsi renforcer sa réglementation."

    Lore Macé, Designer textiles donne son sentiment de praticienne dans  une interview sur le site:

    Savez-vous par exemple quels procédés ou substances sont utilisés pour obtenir telle ou telle propriété ? Avez-vous des informations sur les substances chimiques utilisées par exemple ?
    L.M : Non, à ma connaissance, seule la composition du tissu (des fibres) est indiquée, pas le procédé de traitement ou les substances utilisées.


    Pensez-vous que cette situation est liée à une ignorance des fournisseurs de textiles, liée à des obstacles tels de communication tout au long de la chaîne par exemple ? (Des réglementations européennes comme REACH prévoient que les intermédiaires doivent justement faire remonter des informations)
    L.M : En fait, chaque intermédiaire n’est simplement pas au courant de ce qu’a fait le précédent. Pour la soie par exemple, il existe une grande variété de traitements possibles pour l’obtention du produit fini. Chaque intermédiaire ne s’intéresse pas à ce qu’a fait le précédent. C’est surtout l’intermédiaire final avec le consommateur qui est en général le plus intéressé par ces informations, car il est responsable de son produit. Mais si l’information ne remonte pas l’ensemble de la chaîne, il sera impossible de disposer de l’information pour le maillon final de la chaine."(...)

    Certaines entreprises, en Inde par exemple, font-elles preuve d’exemplarité dans les domaines de la protection de l’environnement, de la santé et de préservation des ressources ?
    Eh bien oui ! J’ai visité différentes usines dont la production était certifiée par le label GOTS, et j’ai eu une excellente surprise chez l’une d’entre elles, Aura, située dans le Sud du pays à Ahmedabad. Cette entreprise, non seulement utilisait uniquement des teintures végétales, mais en plus elle recyclait même les déchets issus de la production, comme les boues, réutilisées comme engrais dans les champs pour fertiliser la culture des végétaux dédiés à la fabrication des teintures.

    Visiblement WECF soulève un lièvre environnemental ...circulaire : un produit sain  issu obligatoirement d'un process sain.

    On conclue toutefois par ces remarques :

    -Pourquoi cette alerte textile  est-elle issue d'une ONG... féminine uniquement ?

    -Si les textiles sont "dangereux" pour les enfants, ils sont dangereux pour tout le monde, non?

    -Les femmes toujours au chiffon. Et les hommes portent toujours la culotte ? Sans se soucier de sa provenance, de sa composition, de sa chimie, de son lavage et repassage?

    Allez, Messieurs, encore un petit effort...

                                                                                                           Sylvie Neidinger